C’est Mercedes qui a introduit la commande vocale en 1996, avec le système Linguatronic de la Classe S. Depuis, la technologie a mûri, non sans quelques tâtonnements. Autrefois, il fallait prononcer une formule bien précise pour espérer se faire comprendre... Aujourd’hui, les systèmes acceptent généralement des demandes formulées plus librement. Certaines voitures savent même de quel siège provient la demande : si le passager réclame le chauffage de son siège, c’est bien le sien qui chauffera et non celui du conducteur ! Si la commande vocale prend autant de place, c’est aussi parce que les boutons disparaissent des habitacles. Et à cela, on rajoute évidemment les sanctions toujours plus sévères contre l’usage du smartphone au volant… La voix est donc appelée à prendre le relais des doigts. Mais est-elle à la hauteur ?
40 voitures à l’épreuve
Les experts de l’ADAC ont soumis quarante voitures à une série de commandes réparties en trois catégories : éclairage et visibilité, climatisation et infodivertissement. Au total, chaque modèle devait accomplir dix-huit tâches. Seize voitures, soit moins de la moitié, ont décroché une bonne appréciation générale. Quatorze ont obtenu un résultat satisfaisant, sept se sont contentées de la mention passable et trois ont été jugées insuffisantes.
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En tête du classement, la BMW Série 5 : le modèle bavarois a correctement exécuté seize des dix-huit demandes. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les BMW sont aussi bien loties : le nouvel iX3, par exemple, doit se contenter d’un résultat satisfaisant. Parmi les autres bons élèves figurent les Ford Capri, Lynk & Co 08, Mazda CX-5, Mercedes CLE et CLA EQ, Nio EL8, Nissan Leaf, Skoda Elroq et Superb, Smart #5, Volvo EC40 et ES90, ainsi que les Volkswagen Golf et ID.7. La majorité des modèles se situe toutefois au milieu du classement, avec des résultats satisfaisants ou passables.
Et tout en bas ? On retrouve le Suzuki e-Vitara, le premier véritable crossover électrique de la marque qui n’a réussi à exécuter que… trois demandes. Dacia, la marque la plus vendue chez les particuliers en Belgique, s’en sort également mal. Pourquoi ? À cause du fonctionnement du système : chez le constructeur low-cost, le bouton de commande vocale pilote le smartphone, pas la voiture elle-même.
La sécurité à la traîne
Les résultats varient aussi fortement selon la demande formulée à la voiture. Sur les quarante modèles testés, seuls quatre ont pu allumer leurs feux de croisement via la voix et deux ont su activer leurs essuie-glaces. Quant aux feux de détresse, aucun n’a réussi à les enclencher ! Dans la catégorie visibilité et assistance, presque tous les modèles ont reçu une appréciation insuffisante. Seule la BMW Série 5 sort du lot. Le constat est donc clair : la commande vocale se débrouille bien avec l’infodivertissement, mais montre ses limites dès qu’il est question de sécurité. Il reste donc du travail ! Même problème du côté des aides à la conduite : il reste impossible de les désactiver à la voix dans 32 modèles… C’est pourtant une manipulation fréquente qui reste accessible dans les menus du système multimédia. Il faut donc chercher et multiplier les pressions sur l’écran, souvent en roulant.
Pour l’infodivertissement, en revanche, la voix fait des merveilles : 35 des 40 voitures obtiennent une bonne, voire une très bonne note. Saisir une adresse, appeler un contact ou retrouver une station de radio : toutes ces opérations sont plus rapides et plus sûres à la voix que sur l’écran. La climatisation répond elle aussi correctement dans la majorité des voitures. L’ADAC reconnaît toutefois que tourner un vrai bouton reste plus rapide…
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Un abonnement à la clé
Il y a un autre aspect de la question, rarement mis en avant dans les brochures. Les demandes complexes ne sont souvent pas traitées par la voiture elle-même, mais dans le cloud, sur les serveurs du constructeur ou de services comme ChatGPT ou Alexa. La voiture doit donc rester connectée à Internet et ces services finissent tôt ou tard par devenir payants ! Souvent inclus à l’achat, ils nécessitent un supplément après quelques années… Sans cela, la commande vocale disparaît ou se limite aux fonctions basiques. De quoi redonner de l’intérêt aux boutons physiques pour les commandes essentielles ?
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