Personne ne le note sur le bon de commande et pourtant c'est souvent la dépense la plus lourde de toute la vie d'une voiture : sa dépréciation. Le problème, c’est qu’elle ne se voit pas, elle ne se facture pas, mais elle ronge le portefeuille en silence et spécialement pendant les premières années. Car c’est là que la chute de la valeur est la plus brutale. La société de données automobiles carVertical a tenté de chiffrer cette dépréciation pour le marché belge. Son étude porte sur des véhicules de millésime 2020, dont elle a comparé le prix catalogue d'origine à la valeur moyenne sur le marché de l'occasion cinq ans plus tard à partir des données d'historique consultées par ses utilisateurs entre janvier 2023 et décembre 2025. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le constat n'a rien de rassurant.
Le podium des perdantes
En Belgique, plusieurs modèles laissent manifestement filer plus de la moitié de leur valeur sur cette période. C’est énorme. En tête de ce classement peu enviable, la Nissan Leaf, qui abandonne 60,99 % de sa valeur en cinq ans. Juste derrière, l'Audi e-tron avec à 59,77 % puis l'Opel Astra (56,55 %), le Land Rover Range Rover (56,51 %) et la Tesla Model 3 (55,96 %). On remarquera la cohabitation, sur ce podium élargi, de deux familles qu'on n'attendait pas forcément ensemble : le premium et l'électrique. Deux profils, une même sanction à la revente.
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La batterie qui vieillit mal
Évidemment, cette réalité n’est pas le fruit du hasard. Une voiture de luxe part de très haut en tarif, ce qui rend la chute spectaculaire en valeur absolue. À cela s'ajoutent un entretien et des réparations souvent coûteux qui refroidissent l'acheteur et tirent encore les prix vers le bas.
Mais il y a aussi un phénomène qu’on observe avec les modèles électriques. « Avec les progrès rapides des technologies de batterie et l'augmentation constante de l'autonomie, même une voiture électrique âgée de seulement quelques années peut susciter peu d'intérêt sur le marché de l'occasion », explique Matas Buzelis, expert marché chez carVertical. Un modèle de 2020 affiche aujourd'hui une autonomie qui ne fait plus le poids, du moins dans l’esprit des acheteurs. L’étude de carVertical n’en dit rien, mais c’est probablement ce qui arrive à la Nissan Leaf qui a été une des premières voitures électriques sur le marché.
Celles qui résistent
Toutes les valeurs ne s'effondrent pas au même rythme. Parmi les modèles du périmètre belge, c'est la Ford Mondeo qui tient le mieux la distance, avec 53,8 % de dépréciation. La Citroën C3 (53,9 %), la Hyundai IONIQ (54,3 %) et la Peugeot 308 (54,5 %) la talonnent. La recette tient en peu de mots : prix d'achat raisonnable, entretien soutenable et une demande qui ne se tarit pas en occasion. Le marché récompense donc le pragmatique.
Et ailleurs en Europe ?
À l'échelle du continent, la Belgique fait presque figure de bonne élève. Le classement européen de l'étude place en tête la Jaguar I-Pace qui pulvérise 73,1 % de sa valeur, devant le Range Rover (70,1 %) à nouveau et la Nissan Leaf (62,4 %). Il y a donc un réflexe utile à adopter avant de signer le bon de commande en concession : se demander ce que vaudra vraiment la voiture le jour où l'on voudra s'en séparer. Ça change parfois tout le calcul.
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