Sur le marché belge de l'occasion, une donnée passerait régulièrement sous le radar. Une étude de carVertical menée en 2025 montre en effet que les véhicules ayant subi des dommages sont 1,8 fois plus susceptibles d'avoir un kilométrage falsifié.
Selon l’étude, la logique est simple et même très lucrative. Un vendeur peu scrupuleux remettrait en état un véhicule endommagé avec des pièces bas de gamme ou non d'origine. Pour rendre la voiture plus attractive, et surtout pour masquer l'usure réelle accumulée avant et après l'accident, il abaisserait le compteur kilométrique. Résultat : 2,6 % des voitures accidentées vérifiées en Belgique par carVertical présentaient un kilométrage falsifié, contre 1,5 % des véhicules sans antécédents de dommages.
La même tendance se confirme en inversant le raisonnement : 69,1 % des voitures au compteur trafiqué présentaient des antécédents de dommages en Belgique, contre 55,5 % pour les véhicules au kilométrage authentique. Ça fait tout de même 13,6 % d'écart.
Ces chiffres invitent donc à la prudence du côté des acheteurs, même si une précision méthodologique importante s’impose : ces chiffres portent sur les véhicules vérifiés via la plateforme carVertical et pas sur l'ensemble du marché belge. Ils mesurent donc une corrélation au sein d'un échantillon d'acheteurs vigilants et non un taux de fraude global. Pour des données complètes et globales, c’est vers Car-Pass qu’il faut se tourner.
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Ce que dit Car-Pass
Car-Pass le confirme chaque année : le système enregistre le kilométrage à chaque passage en atelier ou au contrôle technique et toute incohérence dans l'historique signale automatiquement une fraude probable.
Le rapport 2025 de l’organisme a identifié 1.466 cas de fraude probable sur près de 23 millions de relevés kilométriques traités. En moyenne, les fraudeurs effacent 80.000 km, soit, grosso modo, quatre à cinq ans de conduite normale.
370.000 km de moins
Certains cas atteignent des niveaux vertigineux : en tête du palmarès 2025, une Mercedes E200 CDI affichant 192.030 km au compteur alors que son historique Car-Pass en établissait le kilométrage réel à 562.690 km. Soit 370.000 km escamotés. Car le taux global de fraude reste très bas – et même infime –, mais la sévérité des cas détectés compense largement leur rareté.
En 2025, le taux d'irrégularités sur les véhicules d'origine belge n'était que de 0,12 %. Mais sur les véhicules importés, il grimpait à 0,50 %, soit plus de quatre fois plus. Car-Pass ne dispose pas de l'historique kilométrique complet des voitures ayant circulé à l'étranger avant leur immatriculation en Belgique, sauf exception : les Pays-Bas, partenaires actifs, transmettent leurs relevés. Pour les autres pays, Car-Pass s'appuie sur les données centrales des constructeurs, ce qui laisse des zones d'ombre importantes. L'Union pousse à une harmonisation des bases de données entre États membres. Nous n’y sommes pas encore, mais ça devrait arriver.
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