Le compte à rebours a commencé. Si tout va bien, le 1er juin 2027, l'arrêté royal de 1975 qui régit nos routes depuis un demi-siècle disparaîtra. Il sera remplacé par quatre codes distincts, un fédéral et trois régionaux. La réforme est publiée et la date arrêtée, mais un arrêté correctif adopté en 2026 rappelle que le législateur peut encore ajuster certains détails d'ici l'échéance.
Reste à savoir ce qui attend celui qui prend le volant en semaine. Car les vrais changements ne sont pas dans les grands principes, mais dans les gestes du quotidien, ceux qu'on exécute sans y penser et spécialement en milieu urbain.
Le mètre invisible
Mais qu’est-ce qui change concrètement ? En réalité, une foule de petites choses qui ne semblent pas centrales a priori, mais qu’il vaudra mieux intégrer pour éviter les amendes. Ainsi, longer un piéton au ras du trottoir appartiendra bientôt au passé. Le nouveau Code impose une distance latérale d'au moins un mètre entre le véhicule et le piéton en agglomération et même un mètre et demi en dehors des remparts urbains. Et cette obligation vaut même lorsque le piéton se tient sur un trottoir étroit, pas seulement quand il marche sur la chaussée.
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Si l'espace manque pour respecter cette marge, la règle est claire : il faut ralentir et, au besoin, s’arrêter. Le réflexe du frôlement qui est si courant en ville devient donc une faute. Dans la même logique de protection, les enfants pourront rouler à vélo sur le trottoir jusqu'à onze ans accomplis, contre dix aujourd'hui. Toujours bon à savoir aussi.
Cinquante ans de rituel
Par ailleurs, dans certains quartiers, changer sa voiture de côté tous les quinze jours est un rituel que des milliers de riverains belges vont pouvoir oublier. Le stationnement alterné semi-mensuel instauré en 1975 disparaît lui aussi. VIAS juge cette règle obsolète et de surcroît mal respectée sur le terrain. La pratique est en réalité génératrice de rétrécissements de chaussée qui obligent les automobilistes à slalomer, services de secours compris.
Sa suppression ne réglera pourtant pas tout d'un coup. Car le Code national s'efface et ce sont les communes qui devront réinventer l'organisation de chaque rue. De quoi nourrir un certain flou, le temps que les communes se décident sur la bonne pratique à adopter...
Toujours dans le registre du stationnement, les arrêts brefs dits pour « dépôt rapide » seront aussi interdits. Le nouveau Code étend l'interdiction d'arrêt – et non plus seulement de stationnement – à une série d'endroits sensibles, comme les bandes des bus, les ronds-points, les dalles podotactiles qui guident les personnes malvoyantes. S'arrêter brièvement restait parfois toléré là où stationner était proscrit. Mais c’est bien fini.
Autre nouveauté qui touche la même bande des bus : elle absorbe le site spécial franchissable, cette voie hybride que partageaient trams et voitures. On ne parlera plus que de bande des bus. L'automobiliste pourra s'y engager pour tourner au carrefour suivant, mais seulement là où la ligne qui la borde devient discontinue. Le stationnement payant, lui, se signale désormais par un simple symbole « € » sur le panneau, histoire de lever le doute.
Des panneaux jamais vus
La signalisation se modernise par ailleurs et introduit un repère qui change la donne pour qui roule en ville. Jusqu'ici, une piste cyclable s'imposait au cycliste : il devait l'emprunter, point. Le nouveau Code crée un panneau qui rend certaines pistes facultatives. Comprenez que là où il apparaît, le cycliste a le choix, et il peut décider de rouler sur la chaussée plutôt que sur sa bande.
Pour l'automobiliste, ça signifie qu'un vélo pourra légitimement se trouver devant lui sur la chaussée, alors même qu'une piste longe la route juste à côté. Plus question de s'en étonner ou de klaxonner : le cycliste sera dans son droit. Un réflexe de plus à intégrer.
Par ailleurs (et ça vaut pour toutes les routes, en ville comme ailleurs), un passager adulte qui négligeait sa ceinture de sécurité n'engageait que lui-même. Le nouveau Code change la donne : le conducteur pourra être aussi verbalisé pour le passager majeur non attaché à ses côtés.
On ne parle donc pas de révolution, mais de multiples évolutions. Les fondamentaux ne changent heureusement pas : en agglomération, les 50 km/h demeurent tout comme la zone 30 km/h à Bruxelles. D’ici à la mi-2027, on aura encore l’occasion d’en reparler.
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