MG, pour Morris Garages, est une enseigne automobile née il y a plus de 100 ans à Oxford, en Grande-Bretagne. Après avoir connu des très hauts (notamment avec ses petits roadster sympathiques) et des très bas, la marque fut rachetée en 2007 par le groupe chinois SAIC.
MG a alors totalement changé d’esprit et s’est mis à fabriquer des petits SUV low-cost Made in China. Mais la gamme s’est élargie et connaît une croissance commerciale fulgurante en Europe ces dernières années : les ventes sont passées d’environ 50.000 voitures par an en 2021 à plus de 300.000 l’an dernier.
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En février dernier, la marque franchissait le cap du million de voitures vendues sur notre continent depuis le rachat par les Chinois, essentiellement grâce à des modèles rationnels offrant un très bon rapport prix/prestations.
Maintenant, MG veut tenter une incursion dans le haut de gamme. Pour cela, la marque a décidé d’importer deux grandes voitures déjà connues dans sa gamme chinoise : la berline-coupé IM5 et le SUV IM6. Ces deux voitures sont vendues depuis 2024 sur leur marché local, mais aussi dans quelques pays européens, comme le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse. La vente s’étend maintenant au reste du continent.
Pas de badge MG
En Chine, les IM5 et IM6 ne sont pas vendues sous le label MG, mais sous la marque IM, pour « Intelligence in Motion », une enseigne plus luxueuse du groupe SAIC et créée en association avec Alibaba.
Pour leur arrivée en Europe, les voitures ne sont pas rebadgées MG. On nous avoue que c’est pour une raison financière : un changement de badge aurait impliqué une nouvelle et coûteuse procédure d’homologation.
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Le problème, c’est que ce badge IM n’a aucun éclat chez nous, alors que le nom MG résonne encore positivement dans les oreilles des passionnés d’automobile, ce qui constitue sans doute un avantage en Europe par rapport aux autres marques chinoises. Soit.
Pas très ergonomique
Pour cet essai, nous laissons de côté la berline IM5 et nous concentrons sur le SUV IM6. Esthétiquement, ce dernier n’a rien d’original. Son style est fortement inspiré par les lignes du best-seller Tesla Model Y. L’IM6 est cependant 10 cm plus long (4,90 m) et 5 cm plus haut. La ligne est fluide, avec des portes sans encadrement de vitres, comme sur un coupé, et des poignées encastrées.
À l’intérieur, c’est typiquement chinois, avec un tableau de bord épuré sans aucun bouton. Le combiné d’instrument numérique de 26,3 pouces de diagonale intègre les données de conduite, la carte de navigation et la vue des multiples caméras qui, soit dit en passant, offrent une excellente résolution et donc une image très nette de ce qui passe à l’arrière et sur les côtés.
Au milieu de la console, on trouve un écran tactile vertical de 10 pouces, via lequel se pilotent toutes les fonctions de bord. Il faut donc constamment naviguer dans les menus, même pour les opérations les plus simples, comme régler les rétroviseurs extérieurs, le flux de la ventilation ou même l’orientation des ouïes de ventilation. Pendant que les yeux se rivent sur les menus complexes de cet écran, ils quittent forcément la route…
Intérieur full options, mais…
La gamme IM6 est simple : on ne trouve qu’un seul niveau de finition, qui englobe un équipement royal, avec notamment le GPS intégré, les connexions Apple CarPlay et Android Auto sans fil, le chargeur smartphone sans fil 50W ventilé, la caméra panoramique, une série de modes de stationnement automatiques (dont un « mode crabe » plutôt gadget que vraiment utile…), les jantes en alu de 20 ou 21 pouces, les sièges électriques chauffants (à l’arrière comme à l’avant) et ventilés (à l’avant), le toit vitré panoramique ou encore le hayon électrique.
… pas premium
L’habitacle semble bien assemblé et bien fini : il n’y a pas de plastiques durs apparents ; tout le mobilier se couvre d’une texture de type similicuir, certes douce au toucher mais d’aspect un peu bon marché. Ça n’a pas le raffinement du beau tissu, du vrai cuir ou de l’Alcantara, disponibles chez les concurrents haut de gamme. Cette IM6 ne peut donc pas être qualifiée de premium. Mais une Tesla Model Y non plus…
Espace arrière généreux mais coffre moyen
Comme toujours dans les voitures chinoises, l’espace aux jambes à l’arrière est franchement très généreux. Et la garde au toit est également ici très correcte, malgré le pavillon arrière plongeant. Les sièges latéraux bien galbés sont confortables, mais la place centrale est assez étroite et ferme. Notons que les dossiers arrière peuvent s’incliner. Mais, contrairement au Tesla Model Y, Mercedes GLB ou Peugeot E-5008, pas de version 7 places ici.
Le coffre est bien fini, avec de la moquette sur les parois. La longueur de chargement est intéressante, mais la hauteur moins, vu la ligne profilée. Banquette en place, le volume atteint 646 l (4 roues motrices) ou 665 litres (propulsion), ce qui est bien mais pas géant vu le gabarit extérieur. Une Tesla Model Y offre jusqu’à 854 litres !
En rabattant les dossiers arrière, le coffre de l’IM6 atteint 1.621 ou 1.640 litres selon la version. Et le plancher est presque totalement plat. Ce SUV MG dispose aussi d’un petit frunk de 32 litres (contre 117 litres pour la Model Y).
De 295 à… 751 ch !
La gamme IM6 comprend 3 versions :
Propulsion à moteur arrière de 295 ch/450 Nm à batterie LFP 400 Volts de 75 kWh annonçant 450 km d’autonomie WLTP ; 50.990 euros.
Propulsion de 407 ch/500 Nm, batterie NMC 100 kWh 800 Volts ; 625 km d’autonomie ; 57.990 euros
Bimoteur intégrale de 751 ch/802 Nm, batterie NMC 100 kWh ; 505 km d’autonomie ; 63.990 euros
La grosse batterie fonctionne sous 800 Volts et accepte jusqu’à 396 kW de puissance de charge sur borne DC : MG annonce un temps de 17 minutes pour passer de 10 à 80% (sur borne 350 kW), contre 26 minutes pour la plus petite batterie 400 Volts (max. 153 kW). En AC, on dispose d’un chargeur 11 kW maximum.
Au volant du MG IM6
Pour cet essai, nous ne disposions que de la version haut de gamme. Ses 751 ch/802 Nm retournent les estomacs et font bondir ce SUV de 2,4 tonnes de 0 à 100 km/h en 3,5 secondes seulement.
Le châssis a d’ailleurs un peu de mal à suivre la cavalerie : la tenue de route reste sécurisante mais pas vraiment dynamique, malgré les 4 roues directrices de série. Et la suspension pneumatique (uniquement sur la version haut de gamme Performance) peine à contenir les mouvements de caisse en courbe, tandis que la direction manque de retour d’information.
Ce SUV chinois s’apprécie donc plutôt en conduite douce, où le confort est honnête et l’insonorisation très bonne, grâce au double vitrage du pare-brise et des vitres latérales. On peut aussi profiter de la bonne installation audio à 20 haut-parleurs (dont 4 dans le plafond) et plusieurs modes d’écoute bien différenciés (concert, studio, etc.).
Les roues arrière directrices réduisent le diamètre de braquage à 10,18 mètres, soit moins qu’une Renault Clio ! Mais en ville, on regrette le manque cruel de visibilité arrière, à cause de la très petite lunette postérieure, par ailleurs dépourvue d’essuie-glace.
Pas de mode One Pedal ici, mais deux niveaux de régénération, qui s’enclenchent via l’un des nombreux menus de l’écran. La pompe à chaleur est par contre de série, de même que le chargeur bidirectionnel.
Lors de notre test, nous avons relevé une consommation de 23 kWh/100 km en conduite courante, ce qui correspond à une autonomie réelle de 420 km. La version monomoteur propulsion devrait, elle, pouvoir boucler facilement plus de 500 km réels et nous semble plus intéressante. Comme toutes les MG, cette IM6 est couverte par une garantie de 7 ans/150.000 km.
Conclusion
Si la technologie est en effet haut de gamme (batterie 800 Volts, roues arrière directrices, suspension pneumatique) et l’équipement royal, cette MG n’a pas l’âme premium. Comme la plupart des voitures chinoises, l’IM6 est très générique et manque de personnalité par rapport aux SUV électriques européens (Citroën ë-C5 Aircross, Mercedes GLB Electric, Peugeot E-5008, Skoda Enyak/Peaq, etc.) ou coréens (Kia EV5/EV6), qui conserveront sans doute aussi une meilleure valeur de revente. Et par rapport à la Tesla Model Y, cette MG est moins ergonomique et plus chère. Bref, ce ne sera pas simple pour cette IM6 de se faire une place sur le marché des SUV électriques familiaux.
- Technologie de pointe, équipement de série royal
- Espace aux jambes à l’arrière
- Garantie 7 ans/150.000 km
- Performances
- Rapport prix/technologie intéressant mais…
- …prix élevé dans l’absolu, valeur de revente incertaine
- Ergonomie laissant à désirer (menus compliqués)
- Visibilité arrière et ¾ arrière
- Ne dégage pas vraiment d’émotion
Spécifications MG IM6 100 Performance AWD
Moteur : 2 électriques synchrones (751 ch/553 kW, 802 Nm)
Transmission : aux 4 roues
Boîte de vitesses : automatique à réduction unique
L/l/h (mm) : 4.904/1.960/1.669
Poids à vide (kg) : 2.410
Volume de coffre (l) : 646-1.621
Batterie (kWh) : NMC, 100 bruts/96,5 utilisables
0 à 100 km/h (sec) : 3,5
Vitesse maximale (km/h) : 239 km/h
Autonomie électrique (WLTP, km) : 505
Consommation normalisée (WLTP, kWh/100 km) : 23,4
CO₂ : 0 g/km
Prix : 63.990 euros
Taxe de Mise en Circulation (TMC) : Wallonie : 2.088,01 euros ; Bruxelles : 75,79 euros ; Flandre : 61,50 euros
Taxe de circulation : Wallonie et Bruxelles : 107,18 euros ; Flandre : 107,16 euros.
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