Va-t-on avoir des voitures électriques encore plus silencieuses qu’actuellement et qui n’auront plus la possibilité d’émettre le moindre bruit ? La question se pose, car la coalition SPD-Verts qui gouverne Hambourg fait voter une motion qui vise à interdire à l'échelle fédérale les faux bruits de moteur que certaines électriques diffusent vers l'extérieur lorsqu'elles roulent vite. Par vite, on entendu au-dessus de 20 km/h. En dessous, le signal AVAS reste obligatoire pour prévenir piétons et cyclistes. Mais au-delà, les députés estiment que le roulement des pneus suffit à signaler la voiture.
Voter cette motion ne changera rien tout de suite. Le texte demande seulement au Sénat de Hambourg de défendre l'idée à l'échelon fédéral. Pour faire taire les voitures électriques, la route sera longue, car il faudra modifier le Code de la route allemand et la norme ONU. Mais qu’est-ce qui gêne vraiment ? En fait, le problème des députés, c’est de lutter contre l'Autoposing, c’est-à-dire contre ces conducteurs qui font gronder leur véhicule pour se faire remarquer.
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Dedans, dehors ?
Les constructeurs ont fait du bruit un argument de vente. Mercedes-AMG propose un faux son de V8, Audi un son de turbine sur l'E-Tron GT, tandis que Porsche, Abarth ou Hyundai diffusent chacun leur bande-son maison. La justification est toujours la même : certains clients aiment le silence, d'autres réclament une acoustique pour retrouver l'émotion et le plaisir. C'est un besoin client, mais pas une donnée de sécurité.
Mais que dit la science ? En fait, elle raconte quelque chose de bien plus prudent. Le son moteur est d'abord une information de vitesse : privé d’un retour sonore, un conducteur peut sous-estimer son allure. Tout porte à croire qu’une atténuation de 5 dB fait chuter la vitesse perçue d'environ 5 km/h à 60 km/h. Une étude menée en 2021 à l'Université de technologie de Delft, en collaboration avec Renault, montre que le son artificiel renforce l'impression de conduite dynamique et aide même le conducteur à mieux contrôler sa vitesse.
Mais ces résultats ne suffisent pas à valider le discours des marques, et ce pour deux raisons. Le son des électriques se conçoit dans des studios et pas dans des laboratoires et, surtout, les études indépendantes restent rares. Mais, surtout, ce que le peu que la science démontre vaut uniquement pour le conducteur dans son habitacle et pas pour les passants. Le bruit tourné vers la rue ne se justifie donc pas.
Le silence a du bon
D'autres travaux scientifiques plaident à l’inverse pour le calme. Les conducteurs d'électriques adoptent en effet un style plus doux, avec des accélérations et freinages plus progressifs. Ils apprécient l’ambiance plus apaisante. L'enjeu dépasse le seul confort : le bruit issu des transports contribue à environ 66.000 morts prématurées par an en Europe et plus de 30 % de la population vit au-dessus des seuils recommandés par l'OMS.
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Mais, on l’a dit, rien n’est joué en Allemagne. Mais il sera intéressant de voir l’évolution du dossier, car s’il aboutit outre-Rhin, rien ne dit qu’il n’arrivera pas tôt ou tard sur la table de l’Europe. Ça pourrait arriver.
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