Ces dernières semaines, la zone de basses émissions de Bruxelles (LEZ) a fait l’objet d’incessants aller-retour politiques, de tractations et, finalement, d’une forme d’assouplissement avec la commutation des amendes sur un système unique en attendant un pass annuel dès 2027.
Dans ce contexte, beaucoup d’automobilistes se sont sentis pris au piège et un certain nombre d’entre eux ont opté pour un changement de voiture. Ils ont soit profité des conditions du Salon de l’Auto ou ils se sont tournés vers une voiture d’occasion plus récente pour éviter les mauvaises surprises.
Défaillances
Sauf que le tableau dressé aujourd’hui fait grincer des dents. En effet, le député N-VA Mathias Vanden Borre a obtenu des données auprès de la secrétaire d'État Ans Persoons (Vooruit) et on apprend que sur 361 caméras ANPR affectées au contrôle de la LEZ bruxelloise, seules 274 étaient connectées fin mars 2026. Ceci signifie donc qu’un quart du réseau est donc hors ligne.
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Certes, le ministre des Finances, Dirk De Smedt (Anders), tente de relativiser. Selon lui, le dispositif a été conçu dès le départ pour rester opérationnel avec un nombre réduit de caméras, le seuil minimal étant fixé à 180. La logique de déploiement repose sur des cercles concentriques : les caméras prioritaires sont installées aux points d'entrée et de sortie de la Région bruxelloise, les autres couvrant progressivement l'intérieur du périmètre. Un véhicule hors normes qui pénètre dans la zone serait donc capturé à plusieurs reprises, quoi qu'il arrive. On veut bien le croire, mais alors pourquoi avoir payé autant de caméras supplémentaires si elles ne sont pas vraiment utiles ?
Cette logique soulève toutefois une question d'efficacité : un conducteur qui circule exclusivement entre Uccle et Forest ou entre Schaerbeek et Saint-Josse, franchit-il nécessairement une caméra opérationnelle ? La géographie du réseau telle qu'elle est décrite ne le garantit pas. Et ça vaut pour n'importe quel automobiliste, quelle que soit sa plaque.
Les étrangers hors radar ?
Mais il y a encore autre chose. Entre le 1er janvier et le 1er mars 2026, 68.776 véhicules ne respectant pas les critères LEZ ont été flashés (Diesel Euro 5 et essence Euro 2). Et la répartition interpelle : il y a 31 % de plaques bruxelloises, 43 % d’immatriculations flamandes et encore 26 % wallonnes. Problème : il n’y a aucune plaque étrangère, ce qui est juste impossible. Et ça s’explique.
Depuis mi-2023, le couplage technique entre le réseau ANPR et les registres d'immatriculation étrangers n'existe plus. Environ 5 % du trafic quotidien à Bruxelles circule sous pavillon étranger et le système ne peut pas vérifier s'ils sont conformes. La cacophonie est une fois de plus de haut niveau, d’autant que les voitures de collection rajoutent encore une couche. Elles sont en principe exemptées des normes LEZ, mais certaines d’entre elles se voient quand même infliger une amende dès lors que leur propriétaire a opté pour une plaque personnalisée. En clair, le système est totalement dysfonctionnel.
Ce contexte explique probablement en partie pourquoi les sanctions d’abord annoncées au 7 juin ont glissé au 1er juillet. Ce délai sera-t-il suffisant pour avoir un dispositif opérationnel ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est sûr en revanche, c’est que la crédibilité du dispositif et de ceux qui le pilotent est inexistante.
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