Il fut un temps où passer son permis de conduire rimait avec liberté et avec l’émancipation d’une jeunesse pressée de prendre la route. Aujourd’hui en Belgique, cette étape se transforme pourtant en épreuve pour des milliers de jeunes. Les chiffres sont implacables : près de 15% des moins de 34 ans doivent recourir à un prêt bancaire pour financer leur formation, selon une étude de Crelan réalisée à l’occasion du Salon de l’Auto.
Cette réalité contraste avec la tranche des 34-55 ans au sein de laquelle seulement 3% franchissent ce cap du crédit. Pourquoi un tel écart ? Parce que le coût d’un apprentissage complet – théorie et pratique confondues – a grimpé en flèche et dépasse allègrement les 1.000 euros dans la plupart des auto-écoles. Et pour ceux qui visent une formation plus complète encore, vingt heures de conduite peuvent faire exploser la facture à plus de 2.000 euros.
Pour des étudiants ou des jeunes actifs, souvent encore dépendants financièrement, une telle somme représente un obstacle difficile à franchir. La majorité puise dans ses économies, mais pour ceux qui n’en ont pas, l’endettement devient une solution par défaut. Ces jeunes n’ont pas encore de revenus stables et ils se retrouvent face à un choix cornélien : renoncer à leur mobilité ou s’engager dans un crédit avant même d’avoir un emploi fixe. Le dilemme d’autant plus cruel que le permis B est dans bien des cas une condition sine qua non pour accéder au marché du travail.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Et le casse-tête continue pour la voiture
Mais une fois le permis obtenu, un nouveau défi attend les jeunes conducteurs : l’achat d’une voiture. Là encore, le budget constitue un frein majeur, un constat qui rejoint celui fait par le baromètre ING des Investisseurs. Selon Crelan, 42% des Belges citent le prix comme l’obstacle principal à l’acquisition d’un véhicule, qu’il soit thermique, hybride ou électrique. Avec un budget moyen de 20.000 euros, difficile en effet de se tourner vers des modèles récents qui plus est électriques dont les tarifs débutent rarement en dessous des 30.000 euros. Les jeunes seraient prêts à adopter des solutions alternatives, comme le leasing, mais cela ne résout pas le problème de fond qui reste l’accessibilité.
Les chiffres le confirment : si 43% des Belges souhaitent acheter un véhicule hybride ou électrique dans les deux prochaines années, un tiers exclut purement et simplement cette option, faute de moyens financiers. Les autres hésitent, tiraillés entre l’envie de rouler propre et la réalité de leurs comptes en banque. Face à cette équation impossible, certains se tournent vers des solutions de mobilité partagée ou reportent leur achat. C’est d’ailleurs un des facteurs qui fragilise l’industrie actuellement : l’attentisme.
La question se pose : la Belgique est-elle en train de créer une société où la mobilité devient un privilège ? Car s’endetter pour obtenir simplement un permis de conduire apparaît tout simplement inacceptable, s’agissant de surcroît d’un outil qui accompagne toute une vie et offre un accès à l’emploi. Mais ça, le gouvernement ne l’a pas encore intégré alors qu’il clame haut et fort que des milliers d’emplois restent à pourvoir...
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be