Présentée en 1978, la Fiat Ritmo donne un vrai coup de jeune à la marque. Le style tranche radicalement avec les habitudes de la maison, tandis que le hayon et l’architecture mécanique ne laissent guère de doute : il s’agit bien d’une Golf à l’italienne ! Et comme cette dernière connaît un immense succès avec sa version GTI, Fiat va naturellement décliner sa Ritmo dans des versions plus pimentées, d’abord avec une assez sage 105 TC, puis, très rapidement, avec une bien plus turbulente 125 TC signée par le sorcier Abarth. Son moteur « double arbre » de 2 litres respire ici au travers de deux gros carbus à l’ancienne ! Une méthode old-school en ce milieu des années 80, mais toujours aussi efficace… En 1983, Fiat lance l’ultime version de sa Ritmo Abarth : la 130 TC, de 130 chevaux !
Et en face, du côté de la référence ? C’est en 1983 que la Golf se renouvelle. Le style est plus typé 80s et une version GTI arrive dès l’année suivante. Hélas, petite déception : son 4 cylindres de 1,8 litre et 112 chevaux est directement repris à la Golf I… Mais elle a entre-temps pris du poids, la Golf, tandis que la concurrence est de mieux en mieux armée ! En 1986, alors que la Ritmo Abarth arrive en fin de carrière, VW lance une contre-offensive : la GTI 16S. Armée d’une culasse à 16 soupapes, la Golf débite alors 139 chevaux (et 10 de moins avec catalyseur). De quoi fermer le claquet de la vieillissante italienne ? C’est ce que nous allons voir…
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Sur le papier : un mouchoir de poche
Certes, l’une démarre sa vie quand l’autre la termine. Mais aujourd’hui, quatre décennies plus tard, cela n’a que peu d’importance… Sur papier, les modèles se tiennent car les chiffres les rapprochent : 9 chevaux d'écart seulement, mais l'italienne compense. En effet, plus légère (950 kg contre 990 kg) et délivrant son couple plus tôt (177 Nm à 3.600 tr/min, contre 168 Nm à 4.600 tr/min), elle boucle comme la Golf le kilomètre départ arrêté autour de 29 secondes. La Golf se rattrape en pointe, 208 km/h contre 194. Côté prix, à l’époque, l’Italienne a toujours été un peu moins chère que la Golf…
Look et finition : Égalité
Quatre phares ronds, des accessoires sportifs et un badge Abarth : la Ritmo annonce clairement la couleur ! Et elle a une vraie personnalité esthétique, surtout avec ses poignées circulaires ! En face, la Golf parait bien plus consensuelle, même si la version GTI joue du traditionnel rouge à lèvres autour de sa calandre et s’octroie des élargisseurs d’ailes.
À bord, il n’y a pas photo : la Fiat est clairement plus originale, mais sa finition est absolument déplorable. En face, c’est une Golf… En résumé ? Les clichés ont la vie dure : l’italienne est effectivement la plus sexy, mais l’allemande compense par son sérieux…
Moteur et sensations : avantage Ritmo
L’Abarth, c’est une bombinette à l’architecture moderne (moteur transversal avant, traction avant), mais avec un cœur à l’ancienne. Le gros 4 cylindres s’ébroue sans discrétion, dispose d’un couple impressionnant à mi-régimes et s’exprime d’une voix rauque des plus suggestives ! Rajoutez à cela quelques vibrations d’un autre âge et des carbus qui répondent au moindre appel des orteils et vous obtenez une vraie diva !
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La Golf, elle, présente un caractère bien plus lissé. Ça démarre sans fanfaronner et ça marche de manière régulière par tous les temps. Pourtant, sur cette version 16S, du tempérament, on en trouve, mais il faut dépasser les 4.000 tr/min : creux en deçà, le moteur se révèle alors et entame une montée en régime très convaincante, accompagnée d’une sonorité entrainante ! C’est vigoureux, pointu, mais moins caractériel qu’à bord de la Fiat…
Comportement et confort : avantage Golf
L’Abarth possède un châssis à la hauteur de son moteur : l’adhérence est très honnête, la prise de roulis limitée et le train arrière peut jouer au lever de pied. L’amortissement et la direction rendent néanmoins l’expérience assez « physique »…
En face, c’est plus aseptisé : plus silencieuse, la Golf est nettement plus douce à l’égard des passagers tout en conservant une vraie efficacité sur parcours tourmenté… Bref, pour partir un week-end, il n’y a clairement pas photo !
Fiabilité et pièces : avantage Golf… et de loin !
Bonne nouvelle ! La mécanique de la Fiat est robuste et il s’agira juste de trouver un spécialiste pour régler les carbus. Mauvaises nouvelles : la corrosion est follement meurtrière, les pièces sont rares, l’électricité capricieuse… Bref, un seul mot d’ordre : trouvez le meilleur exemplaire possible, complet et parfaitement entretenu, quitte à y mettre le prix fort !
La Golf, gavée de cire anticorrosion à l'usine, est bien plus résistante, même si les décennies peuvent avoir raison d’elle. Très solide mécaniquement, elle peut néanmoins avoir quelques faiblesses, comme les synchros et le joint de culasse sur les exemplaires malmenés. Les pièces se trouvent, mais parfois au prix fort !
Prix : le monde à l'envers, avantage Golf
Tout d’abord, il va falloir trouver une Ritmo Abarth, ce qui ne sera pas une mince affaire ! En parfait état, elle se trouve à près de 25.000 euros, ce qui la rend nettement plus chère que la Golf qui, elle, est non seulement plus courante, mais aussi un peu moins chère : autour de 17.000 euros pour un bel exemplaire.
Verdict : la Ritmo !
Trois manches remportées, une défaite et un nul : la Golf II GTI 16S l'emporte. Mieux finie, plus robuste, moins chère : c’est le choix par défaut, l’option la plus évidente. Fin de la discussion ? Non, car le cœur a des raisons que la raison ignore : la Ritmo Abarth 130 TC est clairement celle qui parle le plus aux sentiments. Et aujourd’hui, 40 ans plus tard, l’utilisation n’est clairement plus la même. Pour le dépaysement, le fun et l’exclusivité, on vote donc le scorpion !
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