Une pièce à quelques dizaines d’euros qui peut emporter un moteur entier
L’IMS : de quoi s’agit-il ? D’un arbre intermédiaire qui transmet le mouvement du vilebrequin aux arbres à cames. Cet arbre porte un nom : IMS, pour « Intermediate Shaft ». Et c’est le roulement à billes de cet arbre qui fait parler de lui !
Sur les Porsche 911 et Boxster de la fin des années 1990 aux années 2000, ainsi que sur les premiers Cayman concernés, ce roulement à billes est scellé. Son défaut ? Eh bien en fait, on devrait plutôt écrire « défauts » car pêle-mêle, on peut citer une capacité de charge insuffisante sur certaines versions, l’étanchéité du roulement, les billes qui finissent par s’entrechoquer… Mais le résultat, lui, est dramatique et personne ne le remet en cause : quand le roulement lâche, la distribution peut se décaler et les soupapes font de gros bisous forcés aux pistons… Bref, le moteur est généralement bon pour la benne ! Et ce qui est encore plus vicieux, c’est qu’il n’y a pas forcément beaucoup de signes avant-coureurs…
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3 types de roulements IMS pour un même cauchemar ?
Il y a eu trois types de montage différents et toutes les voitures ne sont pas logées à la même enseigne.
Les premiers roulements sont ceux à double rangée de billes : ils ont été montés essentiellement de 1997 à 1999, avec une période de transition en 2000 et 2001. Le Net et l’IA vous diront qu’ils sont plus solides… Mais cela ne veut évidemment pas dire qu’ils sont incassables ! Certains spécialistes, à l’instar de Porsche De Lima dans le sud de la France, rapportent avoir davantage de casses avec ce roulement qu’avec les autres !
Les roulements à simple rangée, progressivement introduits à partir de 2000 et généralisés de 2002 à 2005, sont ceux qui ont la plus mauvaise réputation. Une action collective américaine contre Porsche faisait état d’un taux de défaillance sous garantie d’environ 8 %, contre moins de 1 % pour ceux à double rangée. Pourtant, là encore, quelques spécialistes comme celui cité ci-dessus, affirment avoir eu moins de casses avec ce type de roulement…
Enfin, à partir de la fin 2005 et surtout sur les millésimes 2006 à 2008, Porsche monte un roulement plus large et nettement plus robuste, mais non démontable sans ouvrir le moteur ! Si les défaillances semblent bien plus rares, il n’est pas infaillible pour autant ! Et après ? À partir du millésime 2009, Porsche adopte les moteurs 9A1, dépourvus d’arbre intermédiaire IMS : le problème disparaît !
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Bonne nouvelle si vous aimez les grosses cavaleries : les Porsche à moteur Mezger, soit les 911 Turbo, GT2 et GT3 jusqu’à 2011, n’ont pas de problème de roulement à billes.
La casse est-elle inévitable ?
Si votre Porsche possède un moteur de type M96 ou un M97 équipé du fameux roulement IMS à billes, oui, il y a un risque. Quelques pros affirment qu’il est parfois possible de déceler un début de défaillance lorsque l’on récupère de la limaille ou des débris dans l’huile ou le filtre. Attention toutefois : l’absence de limaille ne garantit absolument pas que tout va bien, certains roulements pouvant lâcher sans avertissement notable ! On vous disait que le dossier n’était pas simple…
Peut-on fiabiliser l’IMS ?
Heureusement, il y a une vraie bonne nouvelle : sur les IMS démontables des modèles 1997 à 2005, une casse peut être prévenue en remplaçant le roulement à titre préventif, par exemple lors du changement de l’embrayage.
Il existe des modèles renforcés, avec des axes plus solides (le montage d’origine étant réputé trop mince) et même des systèmes transformant complètement le principe de fonctionnement du roulement ! Porsche De Lima, cité ci-dessus, conseille également d’utiliser une huile plus épaisse, de la 15W50, pour lubrifier les billes en cas d’étanchéité défaillante. Mais, à en croire certains spécialistes, il n’y a pas une seule solution universelle qui mette vraiment tout le monde d’accord…
Combien ?
Comptez grosso modo de 1.500 à 2.500 euros pour fiabiliser préventivement un IMS remplaçable, selon le système choisi et l’atelier. Et très nettement plus pour les derniers IMS, car ils imposent une ouverture du bloc moteur, ce qui change complètement le budget !
À noter que certains ateliers en profitent aussi pour changer l’embrayage et les joints périphériques, ce qui peut faire grimper la note à 3.500-4.000 euros environ. Cela reste évidemment beaucoup d’argent pour remplacer un roulement. Mais face au prix d’un moteur, l’opération prend une tout autre dimension…
Faut-il fuir ?
Non, absolument pas ! Parce que si les spécialistes n’arrivent pas à se mettre d’accord entre eux, il y a tout de même un fait rassurant : il existe des solutions préventives ! Bref, comme toujours, tout dépendra des factures et de l’historique de l’entretien… Mais attention toutefois, il y a un autre problème qui guette certaines Porsche de ces années-là : les cylindres rayés ! On vous en parle dimanche prochain.
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