On croyait le pire derrière nous après la flambée des prix au printemps. Mais c’était sans compter sur la reprise des tensions au Moyen-Orient et les frappes Russie-Ukraine qui mettent à mal les capacités mondiales de raffinage. En Belgique, les prix se sont à nouveau affolés ces dernières semaines. Désormais, l'essence 95 se négocie autour de 2,058 euros/l (95 RON) et le Diesel culmine à 2,501 euros/l. Il faut souligner que ces variations de prix extrêmes durent depuis 2022 et qu’elles se répètent plusieurs fois par an. En clair, on n’est pas jamais tranquille et les automobilistes qui roulent à l’essence ou au Diesel s’interrogent simplement sur quand aura lieu la prochaine envolée. Et justement, c’est chaque fois aussi la même chose : dès que le budget carburant remonte, la voiture électrique repasse tout en haut de la pile des alternatives. Mais est-ce vraiment le cas ? Et surtout, n’y a-t-il pas de piège ?
100 kilomètres, trois factures
Prenons, comme il y a quelques mois, une base identique pour comparer ce qui est comparable. Une électrique consomme en moyenne 20 kWh/100 km (une consommation qui prend en compte l’essentiel des pertes lors de la recharge), une essence 7 l/100 km, un Diesel 5,5 l/100 km. Pour l'électricité rechargée à domicile, on retient le prix belge tout compris, réseau et taxes inclus. Selon la référence CREG du troisième trimestre 2026, il s'établit à 0,322 euro/kWh en Flandre, 0,372/kWh à Bruxelles et 0,378/kWh en Wallonie, soit une moyenne nationale d'environ 0,357 euro/kWh.
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Le calcul est donc le suivant : en électrique, on arrive à 7,14 euros/100 km. En essence, la note grimpe à 14,41 euros/100 km alors qu’en Diesel, elle atteint 13,76 euros/100 km. L'écart est donc sérieux puisqu’à usage égal, la recharge à domicile coûte près de la moitié d'un plein thermique. Sur 15.000 km par an, on parle d'un différentiel qui approche ou dépasse les 1.000 euros.
Le kWh grimpe aussi
SI le prix des carburants s'affiche en lettres géantes partout dans les rues, ce n’est pas le cas de celui du kWh. Il faut le souligner, car depuis la fin 2025, les tarifs de l’électricité belge ont renchéri. La raison tient en un mot : le nucléaire. Ou plutôt son absence, car en 2026, la Belgique n’a produit presque aucun mégawatt avec cette source d’énergie. Les cinq réacteurs les plus anciens ont été définitivement arrêtés et les deux derniers, Doel 4 et Tihange 3, sont à l'arrêt d'avril à novembre pour une maintenance liée à leur prolongation.
La part du nucléaire couvrait la moitié de la production belge en 2021 et elle est tombée à 10 % en 2025. Du coup, ce sont les centrales TGV qui prennent le relais et, elles, elles consomment du gaz. Et le scénario se rejouera en 2027, puis en 2028, car les travaux de maintenance se déroulent en plusieurs phases. Les prix du kWh vont donc eux aussi augmenter.
Dans ce contexte, notre calcul repose sur une seule condition : la recharge à domicile. Les prix des bornes rapides oscillent entre à 0,50 et 0,80 euro/kWh. Les 7 euros des 100 kilomètres peuvent alors doubler et talonner le prix d'un plein d'essence. Celui qui n'a ni garage, ni borne, ni tarif de nuit ne peut tout simplement pas atteindre ce résultat. Et en Flandre, la donne se complique encore. Le tarif capacitaire y facture depuis 2023 non pas les kilowattheures consommés, mais le pic de puissance appelé sur le réseau, autour de 56 euros par kW et par an. Recharger sa voiture à pleine puissance en soirée quand tournent déjà le four et la pompe à chaleur fait grimper ce pic et peut alourdir la facture de plusieurs centaines d'euros.
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D’autres coûts cachés ?
Mais il y a d’autres paramètres à surveiller qui jouent contre la voiture électrique. En Belgique, si une assurance en responsabilité civile ne coûte pas plus cher, . Cette couverture facultative qui indemnise les dégâts même quand on est en tort se calcule sur la valeur catalogue de la voiture. Or, une électrique s'achète toujours 20 à 40 % plus cher qu'une thermique équivalente et sa batterie vaut à elle seule entre 8.000 et 20.000 euros. Selon une enquête du Vif, ce risque de surcoût est facturé en moyenne 148 euros par an face à une voiture essence de même gamme. Les courtiers belges évoquent eux-mêmes une omnium 10 à 25 % plus chère.
Et à cela, il faut encore ajouter la décote des voitures électriques. Selon le bureau d'analyse Eurotax AutovistaCompare, une électrique conserve en moyenne 28,5 % de sa valeur après huit ans contre 43 % pour une thermique. En clair, l'économie gagnée à la pompe peut ainsi se perdre à la revente. L'électrique remporte la bataille du carburant, mais peut-être pas la guerre du coût total. C’est à calculer au cas par cas...
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