Avec l’envolée des prix des carburants au printemps dernier, les Belges faisaient plus attention à leurs déplacements, comme nous l’avions souligné à l’époque. Mais que s’est-il passé ensuite ? Car au mois de juin, la flambée des prix a connu une accalmie. Avec une reprise des bonnes vieilles habitudes chez les automobilistes ? La réponse nous est donnée par Coyote qui peut compiler de manière anonyme les données de plus d’un million d’utilisateurs en Belgique. Et les chiffres de septembre dressent le tableau avec des déplacements en recul de 9 % sur un an, des kilomètres réduits de 8 % et des vitesses moyennes de 3 %. Tout ça uniquement à cause des carburants ? Pas tout à fait.
Avant la flambée des prix de l’essence et du Diesel, les déplacements progressaient plutôt de 1 % sur un an en janvier et février derniers. Puis le mouvement s’est inversé avec le début de la guerre en Iran. Coyote a enregistré un recul de -4 % en mars, de -9 % en avril, de -13 % en mai qui constitue le creux de l’année. Le mois de juillet a ramené le trafic au niveau de 2025 à la fois en raison de la détente des prix, mais aussi des congés annuels. Les Belges ont même parcouru 1 % de kilomètres en plus. Mais ce retour à la normale n’a pas duré. Car août a à nouveau cédé -4 % et septembre -9 %, soit le niveau d’avril. Curiosité : le recul n’est pas le même partout.
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Le Sud trinque
Comme souvent, la Belgique connaît des réalités différentes en fonction des régions. Ainsi, en septembre, les Wallons ont réduit leurs déplacements de -11 % malgré la rentrée, un record. La Flandre limite la réduction à -8 % et Bruxelles à -7 %. Côté kilomètres, le recul se chiffre à -8 % en Wallonie, à -7 % en Flandre et à -6 % à Bruxelles. Étonnant compte tenu du nombre de voitures de société en Belgique ? Pas nécessairement, car de plus en plus d’entreprises sensibilisent aussi leurs employés et leur demandent une certaine responsabilité.
Mais dans ces pourcentages, un détail intrigue. Et c’est celui-ci : les automobilistes ont supprimé presque autant de kilomètres que de trajets, soit -8 % contre -9 % respectivement. Ça veut dire que les trajets abandonnés étaient plutôt courts. En clair, ce sont les trajets du week-end qui sont supprimés, mais pas ceux pour aller au bureau, ce qui signifie que le kilométrage varie moins.
Prenez quelqu’un qui renonce au détour du samedi matin, mais continue d’aller au bureau : il fait beaucoup moins de sorties, et à peine moins de kilomètres. Et en Wallonie, c’est encore plus marquant. Pour le patron de Coyote, Vincent Hébert, « les utilisateurs ont changé leurs habitudes dans le but de diminuer au maximum les déplacements superflus ». Les données l’attestent donc, même si les clients Coyote sont en général d’assez gros rouleurs.
Moins vite, mais pas pour l’économie
Dans le même temps, Coyote relève aussi que vitesses moyennes reculent de 3 %. Parce que les Belges veulent consommer moins ? En fait pas forcément. Si une partie des automobilistes roulent sans doute moins vite pour économiser du carburant, Coyote note aussi « une augmentation des ralentissements, bouchons depuis septembre sans en raison d’un grand nombre de chantiers ». Les alertes de ralentissement vont dans ce sens : elles ont bondi de 33,4 % entre août et septembre 2026, contre 32,1 % en 2024 et 8,7 % en 2025.
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Faut-il s’attendre à ce que les Belges continuent d’économiser sur leurs déplacements ? Selon les projections de Vincent Hébert, non, car « il devient difficile de faire mieux en termes d’organisation pour moins se déplacer ». Les trajets qui restent seraient donc incompressibles. Sauf peut-être si les prix des carburants venaient encore à augmenter...
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