Depuis la crise de 2020, le marché de la voiture d’occasion n’a cessé de progresser en Belgique. Et c’est normal : en période d’incertitude – aussi pour ce qui concerne la taxation et les zones de basses émissions –, les consommateurs se montrent plus prudents et mesurent leurs dépenses. C’est ce qui explique l’effondrement du marché du neuf, mais aussi la bonne santé de celui de la seconde main depuis plusieurs mois. Sauf depuis le début 2026. En effet, sur les neuf premiers mois de 2026, ce marché a enregistré 537.864 immatriculations selon la fédération de la mobilité TRAXIO, soit un recul de 3,3 % par rapport à 2025. Ce recul reste toutefois à relativiser, car la dynamique reste supérieure à celle de 2023, rappelle la fédération.
Le marché du particulier devient électrique
L'occasion reste à 91,2 % l'affaire des particuliers. Mais ce particulier n'achète plus comme avant. Il met en balance plusieurs motorisations, confronte les formules de financement et, surtout, il regarde de près le coût mensuel, preuve que la vie est devenue plus difficile. Les vendeurs le constatent sur le terrain : les dossiers se concluent davantage sous condition suspensive, le processus d'achat s'allonge et le besoin de conseil n'a jamais été aussi fort. Rien de tout cela ne traduit pour autant un report d'achat. Le client ne renonce pas, mais il s'assure. Et quand la bonne voiture est là au bon prix, la décision tombe vite.
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Mais il y a un autre paramètre qui interpelle : la flambée des carburants de ces derniers mois a produit un effet que peu avaient anticipé. Elle pousse en effet le particulier vers la voiture électrique qui coûte moins cher à l’usage (du moins quand on recharge à domicile). La part des modèles à batterie dans l'occasion est passée de 4,1 % à 6,0 % en un an. La vitesse de rotation des occasions s'est fortement réduite, au point que certains modèles électriques abordables sont devenus difficiles à trouver.
Ce début de pénurie a de quoi surprendre. Car les entreprises envoient quantité de voitures sur le marché. Et ce flux devrait suffire à satisfaire les particuliers. C'est pourtant l'inverse qui se produit. TRAXIO constate que l’offre excède toujours la demande. Alors quoi ? En réalité, les voitures qui sortent de leasing ne sont pas celles que cherchent les ménages. Et le détendeur d’une voiture de société roulait en grande berline ou en SUV qui, en occasion, restent trop chers. Le particulier, lui, veut une petite électrique accessible. Mais il n’y en a pas (ou trop peu).
Un parc qui vieillit
Bien évidemment, l'essence continue de dominer en 2026 (55,9 %) alors que le Diesel poursuit sa chute (22,1 %). L'hybride progresse à 15,4 %. On remarquera aussi que malgré la progression des électriques, l'âge moyen du parc continue de grimper à 10 ans et 2 mois. Ce qui signifie donc que le parc de seconde main inclut une frange non négligeable de véhicules très anciens. Mais eu égard à l’inflation, ça ne surprendra sans doute personne...
Dans ce marché prudent, l'acheteur belge se tourne vers des noms qu'il connaît. Volkswagen reste la marque d'occasion la plus vendue sur neuf mois, loin devant BMW et Mercedes, Peugeot et Opel complétant le haut du classement. Côté modèles, la hiérarchie n'a pas bougé depuis 2025. La VW Golf mène toujours la danse avec 20.925 immatriculations, suivie de la VW Polo et de l'Opel Corsa. Les BMW Série 3 et Série 1 ferment ce top cinq. Des compactes et des citadines fiables, faciles à revendre, dont la cote tient dans le temps.
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