L'essentiel de l'info :
· D'Ieteren Auto a enclenché ce jeudi la procédure de la loi Renault avec l'intention de supprimer jusqu'à 344 postes au sein de son unité technique. Il y aura aussi des fermetures de sites.
· Sur les huit premiers mois de l'année, sa part du marché belge du neuf recule de 23,28 % à 21,64 %, un tassement que la direction juge désormais de long terme et non conjoncturel.
· Face à un neuf qui rapporte moins, l'importateur mise sur l'occasion, le leasing et la mobilité partagée.
Chez D’Ieteren, le Conseil d'entreprise de ce jeudi n'a pas duré longtemps. L'importateur des marques du groupe Volkswagen en Belgique a présenté un plan de transformation stratégique qui prévoit la fermeture de certains sites, le regroupement de fonctions et la réorganisation des équipes. Au sein de l'unité technique d'exploitation, jusqu'à 344 postes sont visés. La procédure d'information et de consultation de la loi Renault a démarré dans la foulée.
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Un marché qui glisse
Pour D’Ieteren, le constat est là : vendre des voitures neuves rapporte moins qu'avant. Sur les huit premiers mois de l'année, la part de marché de D'Ieteren Auto est passée de 23,28 % à 21,64 %. La plupart de ses marques ont reculé, à l'exception de Skoda. La direction ne parle plus d'un accident de parcours, mais elle estime que le repli du marché belge observé depuis 2020 s’inscrit désormais dans la durée. Celui-ci devrait se stabiliser autour des 400.000 voitures neuves par an, loin du pic de 550.000 voitures de 2019. De plus, il faut aussi compter avec la concurrence chinoise.
Le fleet, moteur historique des immatriculations belges, accuse lui aussi un recul depuis le début de l'année et il n’est évidemment pas compensé par le retour des particuliers qui reviennent vers le neuf. Car les clients privés achètent aussi différemment : ils cherchent d'abord un rapport qualité-prix, et il faut dire que les modèles du groupe Volkswagen restent chers face à des Chinois qui cassent les tarifs.
Le résultat, c’est que les Belges hésitent, repoussent leur achat et conservent finalement leur voiture plus longtemps. Selon la fédération Traxio, l'âge moyen du parc automobile belge a franchi les dix ans en 2025, du jamais-vu. C’est la raison pour laquelle D’Ieteren s’est nettement diversifié ces dernières années : avec le leasing d’occasion (Lizy), mais aussi les voitures partagées Poppy, les vélos de Lucien ou les bornes et panneaux photovoltaïques de D'Ieteren Energy. Maîtriser tout le cycle de vie d'un véhicule est un pari qui est de plus en plus difficile. D’autant plus que l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat poussent aussi de nombreux Belges dans les enseignes de réparation comme Auto 5 et plus chez les concessionnaires officiels des marques du groupe.
Pas une première vague
Selon le syndicat MWB-FGTB, la restructuration devrait surtout frapper les employés (236 environ) et les ouvriers (une centaine). Des sites entiers fermeront, c’est-à-dire des garages, mais aussi la carrosserie de Zaventem. Les syndicats avaient bien vu venir quelque chose, mais pas de cette ampleur.
On a déjà vu ce scénario chez D'Ieteren. En 2020, 123 travailleurs avaient du quitter le navire et à l'automne 2021, ce sont 103 qui avaient été supprimés suite à la fermeture de la rue du Mail et de la carrosserie de Drogenbos. Reste que D'Ieteren n'affronte pas cette tempête seule. D'autres acteurs du secteur tanguent déjà. Toute la question est de savoir si ce qui frappe aujourd'hui le premier importateur du pays annonce une lame de fond.
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