D'Ieteren détrôné : un Néerlandais est désormais le plus grand vendeur automobile de Belgique

D'Ieteren, importateur des marques du groupe Volkswagen, est traditionnellement l’acteur dominant dans le paysage automobile belge. Mais cette année, il cède néanmoins sa couronne à une étoile montante venue des Pays-Bas. Ce changement n’a rien d’anodin, car il dévoile une vraie transformation des réseaux de concessionnaires en Belgique.

Publié le 12 mai 2026
Temps de lecture : 5 min

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D'Ieteren détrôné : un Néerlandais est désormais le plus grand vendeur automobile de Belgique

Il y a une dizaine d'années, personne n'aurait cru qu’un groupe automobile néerlandais pourrait détrôner un jour le géant de la vente automobile en Belgique, D’Ieteren. Et c’est pourtant ce qui vient de se passer. L'année dernière, Van Mossel Automotive Group a immatriculé 32.500 véhicules neufs en Belgique et au Luxembourg, contre 28.150 pour D'Ieteren, l’importateur exclusif des marques Volkswagen, Audi, Skoda, Seat, Cupra, Porsche et Lamborghini. C'est ce que révèlent les statistiques de l'analyste de données Aumacon et publiées par le journal économique De Tijd

De l'outsider au leader du marché

« Le marché automobile belge était sous pression l'année dernière et Van Mossel a été capable de mieux absorber le choc grâce à son portefeuille de marques très diversifié », a expliqué Bart Schimmel, analyste de marché chez Aumacon. Là où D'Ieteren dépend exclusivement des sept marques du groupe Volkswagen, Van Mossel, qui écoule ses stocks via 185 points de vente en Belgique, propose des véhicules issus de 32 marques différentes. Outre des voitures neuves, Van Mossel a également vendu 27.000 véhicules d'occasion en 2025 tandis que sa division leasing gère 54.000 véhicules et que son département carrosserie compte 15 établissements. Avec cette toile de plus en plus tentaculaire, la part de marché de Van Mossel dans les ventes de véhicules neufs se situe désormais entre 7 et 8 %.

D'Ieteren-mobility-centre

Ce qui est surprenant, c’est que le parcours et le profil des deux plus grands groupes de concessionnaires belges sont aux antipodes. Van Mossel est un jeune acteur en Belgique. Il est arrivé sur le marché en 2018 en rachetant les 22 concessions de la célèbre famille Moorkens (Kia, Toyota, Fiat, Citroën et Opel). Et les choses se sont accélérées avec une avalanche de rachats qui a suivi. On notera pour la petite histoire que l'actuel patron de Van Mossel, Éric Berkhof, a débuté sa carrière dans un garage Volkswagen.

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Du côté de D’Ieteren, le contrat d’important exclusif avec Volkswagen remonte à 1948. Mais ces dernières années, le groupe a progressivement réduit son ancrage local et mise désormais sur 17 zones de distribution en Belgique. Les stratégies sont donc très différentes. Là où Van Mossel se concentre uniquement sur l'expansion dans le secteur automobile, D'Ieteren cherche à diversifier ses activités. Le groupe a en effet fait des acquisitions très différentes ces dernières années comme celle du fabricant de carnets de notes Moleskine ou, plus récemment, de l'importateur de pièces de chariots élévateurs TVH.

Nouveau paysage de concessionnaires

Mais comment Van Mossel a-t-il pu enregistrer pareille progression ? Le groupe profite en réalité d'un moment charnière. Le marché belge des concessionnaires traverse une transformation structurelle qui place les petits garagistes face à des choix difficiles. Les marques exercent une pression avec leur récent modèle d'agence avec lequel le fabricant fixe le prix, ce qui réduit le rôle du concessionnaire à celui d’un showroom payé à la commission. Ce modèle n’est pas exempt de critiques, mais il change clairement les règles du jeu.

Van-Mossel-autoschade-zonder

Par ailleurs, la transition vers la voiture électrique exige aussi d’importants investissements. Et justement, ces coûts, un groupe comme Van Mossel peut le répartir sur son vaste réseau. Ce qui n’est pas le cas d’une concession familiale qui compte deux ou trois succursales. Et à cela s'ajoute aussi le fait que les voitures électriques nécessitent moins d'entretien et qu’elles génèrent donc moins de revenus. Seule une forte croissance peut alors permettre de s’en sortir.

Cap sur la Wallonie

Traditionnellement, l’activité de concessionnaire est une affaire de famille en Belgique et la transmission de ces entreprises est aujourd'hui de plus en plus difficile. Les fondateurs, désormais en âge de prendre leur retraite, vendent à de grands groupes ou, dans le pire des cas, font faillite. En 2018, lors de l’arrivée de Van Mossel sur le sol belge, les dix plus grands groupes de concessionnaires représentaient 15,5 % du marché. Mais en 2024, ce chiffre avait déjà plus que doublé, atteignant 34 % selon l’étude d'Aumacon.

Cette tendance va continuer. La preuve : le CEO belge de Van Mossel, Koen Claesen, voit encore une marge de progression en Wallonie où le groupe n'est pour l'instant actif que via sa filiale de leasing Westlease. L'entreprise serait en discussions avancées avec trois partenaires wallons pour ouvrir des établissements axés sur les véhicules d'occasion et la carrosserie. En Flandre par contre, le développement du réseau est pratiquement terminé. Les efforts se concentrent désormais sur le sud du pays. La croissance de Van Mossel n'en est donc pas encore à sa dernière étape.

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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