Le problème est désormais bien connu... Les propriétaires d’hybrides rechargeables sont loin d’être des modèles de discipline lorsqu’il s’agit de recharger leur voiture ! Or, celui qui ne branche jamais son véhicule hybride rechargeable roule, dans les faits, avec une voiture essence plus lourde et plus polluante… Alors que cette technologie vise précisément l’inverse !
Chez BMW, on en est bien conscient. Et une proposition assez peu populaire circule au siège de la marque : réduire automatiquement la puissance du moteur afin de sanctionner les réfractaires à la recharge ! La marque se tirerait-elle une balle dans le pied ou s’agit-il au contraire, d’un exemple à suivre ?
Un problème comportemental
Cette proposition plutôt radicale, évoquée dans une interview accordée à Die Zeit, vient de Nicolas Peter, président du conseil de surveillance de BMW et ancien directeur financier du groupe. Sur le plan technique, sa faisabilité ne soulève finalement pas tant de questions à l’heure du tout-numérique, tant il est désormais facile de suivre de près les habitudes des automobilistes ! Mais elle en dit surtout long sur l’avenir de la technologie hybride rechargeable.
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Selon Nicolas Peter, ces conducteurs qui ne rechargent jamais posent un véritable « problème comportemental qui discrédite une technologie favorable au climat. Une technologie qui peut justement constituer, pour de nombreuses personnes, une bonne porte d’entrée vers la conduite électrique, en particulier là où l’infrastructure de recharge reste insuffisamment développée ».
Une mise à jour over-the-air
Les chiffres officiels confirment que, chez les conducteurs d’hybrides rechargeables, la prise reste souvent boudée. Une analyse de Transport & Environment, basée sur les données de 800.000 véhicules européens, a révélé l’an dernier que les conducteurs de PHEV ne parcourent en moyenne que 27 % de leurs kilomètres en mode 100 % électrique, alors que les modèles officiels tablent sur 84 %. Résultat : les PHEV n’émettent qu’un peu moins de 20 % de moins que des modèles équivalents équipés d’un moteur essence. Le gain existe, mais il reste très loin des promesses : celles-ci sont au moins trois fois plus élevées !d.
La solution imaginée par Peter consisterait à autoriser les constructeurs à surveiller techniquement les habitudes de recharge, puis à intervenir si nécessaire. Concrètement, il suggère donc de réduire automatiquement la puissance du moteur lorsqu’un conducteur ne recharge pas régulièrement sa batterie. Il ne précise pas dans quelle proportion, mais affirme que c’est « techniquement faisable ». En pratique, cette intervention passerait sans doute par une mise à jour logicielle over-the-air, comme celles qui permettent déjà aux constructeurs de modifier à distance certains paramètres du véhicule. Reste une autre question : le département marketing d’une marque comme BMW serait-il vraiment ravi de cette image de constructeur qui punit ses clients ?
Bentley soutient l’idée
Nicolas Peter n’est d’ailleurs pas le seul à défendre cette approche. Nous avons surpris le CEO de Bentley, Frank-Steffen Walliser, avec des propos similaires. Pour appuyer son raisonnement, il a établi une comparaison avec le système AdBlue des voitures diesel : ce dispositif empêche le fonctionnement du moteur lorsque le réservoir d’AdBlue est vide. Pour lui, la logique est la même : si une technique ne tient pas sa promesse environnementale en raison de la négligence de l’utilisateur, le constructeur peut intervenir. En d’autres termes, le principe existe déjà !
Les outils de mesure existent aussi. Beaucoup l’ignorent, mais les habitudes de recharge des voitures neuves en Europe, sont déjà enregistrées. Depuis 2022, toutes les voitures particulières neuves vendues dans l’UE, doivent obligatoirement être équipées d’un On-Board Fuel Consumption Monitor (OBFCM), un système embarqué qui enregistre et transmet la consommation réelle de carburant. Ces données sont prises en compte dans le calcul des émissions moyennes de la flotte des constructeurs…
Reste enfin à savoir jusqu’où les constructeurs peuvent aller. Si un conducteur préfère utiliser son PHEV avec son moteur thermique pour des raisons personnelles (comme une infrastructure de recharge limitée dans sa région ou de fréquents longs trajets), est-il vraiment juste de brider la puissance de sa voiture ?
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