Le marché belge des voitures neuves boucle 2025 avec 414.771 immatriculations, soit un repli global de -7,47 % sur un an. Ce niveau rejoint un scénario déjà évoqué par D’Ieteren Automotive qui table sur un marché belge stabilisé autour de 415.000 unités annuelles à l’horizon 2028. La comparaison historique est frappante, car il faut se souvenir que la Belgique pointait à 550.000 immatriculations en 2019. Et entre 2005 et 2019, le marché n’était jamais descendu sous les 476.000 unités.
Les achats sont donc plus rares et cette situation résulte d’incertitudes réglementaires et fiscales. En clair, les consommateurs sont attentistes et patientent donc.
Un mois de décembre « artificiel »
Si le recul annuel n’est pas plus sévère (on attendait -10%), c’est grâce à un mois de décembre en hausse de 23,22%. Mais cette poussée est à interpréter avec prudence : une part significative des immatriculations de fin d’année s’explique par des effets d’anticipation. La probabilité d’un retour à la croissance sur le long terme du marché n’est donc pas à envisager.
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Depuis le 1er janvier 2026, les nouvelles commandes de véhicules non zéro émission dans les flottes ne bénéficient d’aucune déduction fiscale (0%), ce qui a poussé des entreprises à avancer des dossiers sur 2025. Ensuite, une nouvelle norme européenne, Euro 6e-bis, est entrée en vigueur au 1er janvier et elle rend stratégique l’immatriculation avant l’échéance des modèles relevant de la norme précédente. En clair, les concessionnaires étaient obligés d’écouler ces stocks encombrants. Dans les chiffres de décembre, cela se traduit par des flambées difficiles à justifier : Hyundai (+265%), BMW (+45,5%), Land Rover (+366%) ou MG (+938%). Dans ce contexte, le marché fleet a absorbé le choc en avançant les commandes, tandis que le particulier, lui, a ralenti (+2%, après +5%).
BMW reste leader
Côté marques, BMW conserve la première place pour la 5e année consécutive, mais avec un net reflux : 44.731 immatriculations en 2025, soit -11,30%. Même un mois de décembre très solide – 2.763 unités et +45,42% selon les statistiques FEBIAC – ne suffit pas à inverser la tendance annuelle. Le mouvement dépasse BMW : Mercedes (-3,51%), Audi (-13,98%), Land Rover (-12,61%) et Porsche (-23,77%) reculent aussi. Dans le très haut de gamme, la dynamique est plus contrastée : Ferrari (+42,89%) et Bentley (+61,54%) progressent, tandis que Lotus (-62,80%) chute.
À l’inverse, le « bloc » Renault est le grand bénéficiaire de 2025, avec ses trois marques en hausse. Dacia est la seule marque du top 5 à croître (+4,94%) avec 25.673 immatriculations pour 89% d’acheteurs particuliers. Renault suit de près avec 25.292 unités (+7,36%). La marque a bénéficié de l’effet R5 E-Tech sur le segment B électrique et les performances du Scénic E-Tech en flottes, tout en revendiquant le rang de 2e acteur sur l’hybride. Enfin, Peugeot progresse de 9%, sa part de marché passant de 4,88 à 5,75% (et même 6,5% en incluant les utilitaires légers) après une année 2024 bouclée sur un -25,48% ! Les particuliers pèsent aujourd’hui pour 33% de ses ventes et on note que les 208, 2008 et 3008 concentrent 70% des volumes. Alpine bondit de 183,55 % grâce à l’A290, mais sur un total de 431 unités.
Ceux qui perdent
Parmi les replis, il faut épingler Toyota (-20,27%) et Volvo (-32,31%) qui figurent parmi les plus fortes baisses du top 10. Toyota marque toujours une faiblesse face aux flottes (qui représentent 40% de ses ventes) et sa part de marché aux particuliers s’établit à 7,3%, avec une position de n°4 sur ce canal. La majorité de ses ventes 2025 reste composée d’hybrides autorechargeables. Volvo justifie sa contre-performance par une normalisation des ventes après des records en 2023 et 2024 (respectivement +63,24% +13,56%). Notons que la production de l’EX30 à Gand depuis avril est présentée comme un atout de disponibilité. Autre échec, mais cuisant celui-là : Tesla poursuit sa chute. La marque américaine enregistre un recul de -53,11% (!) et chute de la 10e à la 15e place du classement avec 9.933 immatriculations en 2025 (contre 21.182 en 2024).
Même si elles restent encore discrètes, les marques chinoises continuent leur montée en puissance : elles pèsent désormais pour 4,4% du marché, soit un peu plus de 18.000 voitures. C’est un peu peu moins d’une sur 20, mais la croissance annuelle est de plus de 60%. Côté Chine, les quatre principales marques généralistes sont BYD, MG, Jaecoo et Omoda et elles cumulent 12.663 unités, soit 5.908 de plus que l’an passé. Dans le détail, MG (19e) mène les marques chinoises avec 5.973 immatriculations (+40,57%) et un décembre à 1.288 unités (+938%). BYD suit avec 4.361 unités (+74,58%). Vient ensuite XPeng affiche +412,99% à 1.185 immatriculations, devant Leapmotor (+1.063,53%) à 989.
Il faudra voir maintenant comment se passe 2026. A priori, le début d’année devrait aussi être favorable avec des règles fiscales clarifiées, mais aussi un Salon de l’Auto qui promet de belles remises et des navetteurs qui sont contraints par la LEZ de changer de véhicule pour entrer dans Bruxelles...
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