Pendant des années, la Belgique a couru après les bornes, persuadée que le nerf de la guerre, c'était leur nombre. Mais à Bruxelles, on ne raisonne plus tout à fait comme ça. Dans la capitale – comprenez les 19 communes –, l’enjeu n’est plus d’installer des bornes, mais plutôt de faire tourner les utilisateurs. C'est pour cette raison qu'à partir de ce 1er octobre, toute voiture électrique qui reste raccordée plus de six heures à une borne publique se voit facturer 0,06 euro/min au-delà de ce seuil. Ça correspond donc à 3,60 euros/h.
Cette facturation ne court toutefois qu'entre 9 heures et 22 heures pour ne pas pénaliser les riverains qui rechargent la nuit. Et pour les grands distraits, il y a malgré tout un plafond qui ne sera pas dépassé : 46,8 euros maximum de surcharge sur une journée pleine... qui s'ajoutent évidemment à la facture de recharge. Le stationnement reste gratuit tant que la voiture charge vraiment.
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Le paradoxe du plein
Mais pourquoi Bruxelles introduit-elle ce dispositif ? Le problème, c’est le manque de places libres, car de nombreux véhicules qui ont atteint 100 % de charge restent branchés des heures durant, privant ainsi les automobilistes qui ont vraiment besoin de se brancher. La Région estime qu'un utilisateur sur trois monopolise une borne au-delà du raisonnable.
Ce délai de 6 heures est-il justifié ? Interrogé par la RTBF, Karsten Marhold, conseiller en e-mobilité chez EV Belgium, indique que la plupart des bornes bruxelloises délivrent 7 kW, si bien que six heures de branchement permettent de récupérer près de 42 kWh, de quoi couvrir selon lui environ 80 % d'une batterie d’une voiture moderne. Le raisonnement surprend, car il ne vaut que pour une batterie d’une capacité d’une cinquantaine de kilowattheures, comme sur une citadine électrique.
Or les capacités des packs des voitures électriques ne cessent de grimper. Un BMW iX3 Neue Klasse qui cartonne en voiture de société embarque 108 kWh. Et pour celui-là, six heures sur une prise 7 kW ne ramènent même pas la batterie à 40 %...
Gand et Anvers aussi
Cela dit, Bruxelles n’est pas pionnier en la matière. Gand a dégainé la première dès février dernier et avec des règles plus strictes : là-bas, le tarif de rotation de 3,60 euros de l'heure se déclenche après quatre heures seulement (entre 8 heures et 22 heures). Les voitures partagées restent exemptées. La ville s'appuyait sur un constat édifiant, à savoir que les voitures connectées ne rechargent réellement que 45 % du temps en moyenne. Anvers applique un dispositif comparable, mais la surcharge de 0,06 euro/min ne se déclenche que lorsque la batterie est chargée à 100 %. Elle est par contre de 0,25 euro/min sur une borne rapide.
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En Belgique, 46,2 % des voitures particulières neuves roulent désormais à l'électrique, selon EV Belgium. Et multiplier les bornes au rythme de cette vague devient compliqué, surtout avec le réseau électrique qui peine à suivre. D'où l'intérêt de faire tourner l'existant. Mais le message est clair : pour l'automobiliste, mieux vaut surveiller sa charge et déplacer sa voiture à temps, sous peine de payer sa recharge au prix fort.
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