On a longtemps considéré qu'une voiture chinoise devait coûter moins cher pour trouver preneur. C'était la contrepartie admise d'un logo sans histoire et une réputation (ancienne) pas vraiment reluisante. Or cette évidence ne tient plus. Dans la cinquième édition de son Global Automotive Disruption Speedometer, le cabinet OC&C Strategy Consultants a interrogé plus de 8.000 automobilistes dans neuf pays européens (malheureusement pas la Belgique) et le verdict surprend. Parmi les candidats acheteurs pour une électrique, 40 % se disent prêts à payer un modèle chinois au même prix qu'un équivalent occidental. Tout aussi étonnant : 13 % mettraient même plus si cela était nécessaire. Au final, pour plus d'un acheteur potentiel sur deux, le « made in China » ne justifie plus la moindre réduction.
Le ressenti, dernier rempart ?
Longtemps, l'acheteur européen a critiqué la qualité des véhicules chinois. Parmi les critiques, il y avait des finitions en retrait et un sérieux à prouver. Mais cette défiance recule à vue d'œil. L'étude relève en effet que 44 % des sondés estiment déjà que certaines électriques chinoises égalent ou surpassent les modèles occidentaux en qualité. Ce chiffre monte même à 48 % en France et en Italie. Il est de 38 % au Royaume-Uni, mais retombe à 35 % en Allemagne, ce qui est logique eu égard au nombre de marques nationales et à la fierté que dégage cette industrie. Cela dit, il faut préciser que l’étude parle de perception et pas de réalité. Il ne s’agit donc pas d’une enquête basée sur des faits et des pannes, comme c’est le cas avec JD. Power, par exemple.
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Cette évolution est surprenante à plus d’un titre. Car elle renverse totalement la logique d’achat qui, pendant des décennies, a été fondée sur la confiance dans une marque, un blason. Les clients achetaient alors une réputation et une image. Mais c’est fini. Et cela profite évidemment aux nouveaux venus qui ne doivent plus investir dans la construction d’un capital confiance. Ça aussi, ça se voit à travers les chiffres : 18 % des Européens envisageraient aujourd'hui une marque électrique chinoise, contre 16 % seulement pour une Tesla. La voiture chinoise n'est donc plus une option économiquement intéressante, mais une alternative à part entière, au même titre que les autres marques établies. Ça n’aura pas trainé.
En Belgique aussi
Bien que la Belgique ne soit pas intégrée dans l’étude, elle n'échappe pas au mouvement. Sur les six premiers mois de 2026, les dix marques chinoises présentes dans le pays, de MG à BYD en passant par Leapmotor, Polestar ou XPeng, ont cumulé 15.113 immatriculations. De quoi talonner Peugeot et ses 15.384 unités et se rapprocher d'un BMW toujours en tête à 24.713. Dans le détail, BYD a plus que doublé ses volumes sur un an, MG a progressé d'un tiers et Leapmotor a quadruplé les siens. La progression est d’autant plus impressionnante que le marché belge a connu un recul de plus de 7 % à l’été. La voiture chinoise est donc passée dans les mœurs, au même titre qu'une coréenne il y a vingt ans.
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