Petit rappel historique : en pleine période de pandémie et en toute discrétion à l’époque, Mitsubishi avait décidé de tourner le dos au marché belge. Et notre pays n’était pas le seul concerné : le constructeur japonais avait alors décidé de se retirer en de l’ensemble du marché européen. La raison ? Elle était simple : la marque ne gagnait plus suffisamment d’argent sur le vieux continent. La décision avait surpris, car en 2019, le Japonais avait encore près de 150.000 véhicules sur notre continent. Mais la décision était irrévocable et, anticipant probablement la suite du scénario (et les difficultés qui ont suivi), le constructeur avait plié bagage.
Bon, à la charge du constructeur, il faut aussi préciser que sa gamme laissait alors à désirer. Celle-ci comptait alors la rudimentaire Space Star, l’Eclipse Cross aussi voyante que peu attrayante, le pick-up L200 et le SUV Outlander. Ce dernier, qui a été un des pionniers de l’hybridation rechargeable, a connu un certain succès, notamment grâce à une fiscalité avantageuse. Mais en 2020, il accusait le poids des ans et ses qualités économiques – sa consommation notamment – se situaient bien au-delà de ce que les chiffres officiels promettaient.
Des Renault à peine déguisées
Mais aujourd’hui, il y a du neuf et, d’ici peu, les automobilistes belges pourront à nouveau acheter une Mitsubishi neuve, peut-être même directement en Belgique si on en croit le média spécialisé Automotive News Europe. Dans plusieurs pays européens en effet, la marque japonaise a déjà effectué son retour et elle est également en train de chercher de nouveaux distributeurs sur notre territoire. Mais avec un changement : cette fois, la livraison se fera directement auprès des concessionnaires sans plus passer par un importateur national, comme c’était le cas jusqu’en 2020 (alors représenté par le groupe Beherman, à Bornem).
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Mais il y a un « mais ». Car ces futures Mitsubishi ne seront pas de « vraies » Mitsubishi, mais des modèles issus de l’Alliance avec Renault et Nissan. Il s’agira d’abord des Renault Clio et Captur déjà vendues sous les dénominations Colt et ASX dans d’autres pays européens.
Le Renault Symbioz portera aussi le logo Mitsubishi et s’appellera pour sa part Grandis. Ces trois noms de modèles avaient déjà été utilisés auparavant pour des véhicules entièrement conçus en interne par Mitsubishi. Enfin, il faut signaler que le plan de reconquête prévoit aussi l’introduction d’une nouvelle Eclipse Cross électrique aussi basée sur un modèle Renault.
D’autres modèles à venir
Mitsubishi souhaite aller plus loin et réintroduire d’autres modèles en Europe. Mais le constructeur n’a à ce stade pas souhaité partager plus d’informations. Ce qui est clair, c’est que ces modèles ne seront pas des véhicules 100% électriques. Car il faut savoir que le Japonais a récemment annulé le développement de deux modèles électriques pour se recentrer sur les hybrides, qu’ils soient autorechargeables ou rechargeables.
Par ailleurs, les Japonais aimeraient aussi introduire leurs kei cars en Europe. Il s’agit de petites voitures conçues pour les rues étroites des villes japonaises et surtout dotées de moteur de moins de 600 cm3 et qui bénéficient d’une fiscalité avantageuse au pays du soleil levant. Mitsubishi en vend énormément sur son marché domestique, mais, problème, ces modèles ne satisfont pour l’heure pas aux normes de sécurité en vigueur sur nos territoires.
Pourtant, il faut se souvenir que la marque avait été pionnière il y a une quinzaine d’années avec la i-MiEV électrique. En 2010, elle avait été, avec la Nissan Leaf, l’un des premiers véhicules électriques produits et vendus à grande échelle sur le marché européen. Le modèle fut aussi commercialisé sous des marques françaises, Citroën et Peugeot qui cherchaient alors à se convertir à l’électrique – et surtout à disposer d’un véhicule qui permettait de réduire l’empreinte CO2 de la gamme.
Un nom connu
Mitsubishi fait partie d’un vaste conglomérat au Japon et il construit des voitures depuis plus de cent ans. En 1917, il fut même le tout premier constructeur japonais à produire une automobile. Le Japonais est arrivé en Europe dans les années 1970 et s’y est imposé comme une marque de confiance (fiabilité). Elle s’est surtout fait connaître avec ses 4x4 robustes, comme le Pajero, mais avec la Lancer qui s’imposait alors dans le Championnat du monde des Rallye, notamment avec Freddy Loix. À voir si cet historique saura encore convaincre.
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