Après la Flandre, VIAS publie les chiffres sur la Wallonie quant au non-respect des distances de sécurité sur autoroute. Le constat y est un peu moins préoccupant qu’au nord du pays, mais il reste loin d’être rassurant ! L’agence a recensé environ 230 accidents l’an dernier, impliquant des automobilistes qui roulaient trop près du véhicule devant eux.
Trois accidents mortels
Plus inquiétant encore : ces accidents font en moyenne près de 400 victimes, parmi lesquelles trois morts. Près d’un accident avec tués ou blessés sur cinq (18 %) est une collision par l’arrière ou un carambolage impliquant au moins trois véhicules. Toutes les collisions par l’arrière ne sont évidemment pas dues au non-respect des distances : l’utilisation du smartphone au volant peut, par exemple, également jouer un rôle. Pour être précis, le non-respect des distances de sécurité intervient dans 14 % des cas !
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VIAS avait déjà publié ses propres chiffres sur le phénomène il y a trois ans. L’institut avait analysé le comportement de près de 4 millions de voitures particulières et de 400.000 camions sur les autoroutes belges. Le constat était sévère : 58 % des automobilistes ne gardaient pas une distance suffisante. Chez les poids lourds, cette proportion tournait autour d’un tiers ! Le problème était surtout marqué sur les deuxième et troisième bandes de circulation, ainsi qu’en semaine davantage que le week-end. En Flandre, ce comportement était associé à près de 1.000 accidents par an sur les autoroutes. En ajoutant les chiffres wallons, on arrive donc à un peu moins de 1.250 accidents pour l’ensemble du pays…
L’autoroute, terrain le plus à risque
Sans surprise, c’est sur autoroute que le fait de coller au pare-chocs entraîne le plus souvent des accidents. Selon l’AWSR, ce comportement est en cause dans 15 % des accidents sur autoroute, contre 3 % sur les autres routes. Le risque y est donc 5 fois plus élevé ! Et cela s’explique assez facilement : il y a davantage de trafic, plus de variations de vitesse et aussi plus de frustration. Rouler en journée présente également plus de risques que la nuit, tout simplement parce que la circulation y est plus dense….
Le plus préoccupant, c’est que ce comportement n’est généralement pas lié à une mauvaise connaissance des règles : il est souvent volontaire ! Une enquête menée par l’AWSR auprès de 1.000 automobilistes wallons montre ainsi que 27 % reconnaissent coller au véhicule qui les précède pour le pousser à accélérer ou à se rabattre. 36 % disent le faire pour empêcher un autre automobiliste de s’insérer devant eux. On n’est donc pas face à une simple erreur de conduite, mais bien à une forme d’agressivité au volant !
La règle des deux secondes va devenir obligatoire
Reste une question : quelle distance faut-il réellement laisser ? Aujourd’hui, le Code de la route impose de conserver une « distance de sécurité suffisante », sans définir précisément ce que cela signifie. Seuls les poids lourds sont actuellement soumis à une règle chiffrée, avec une distance minimale de cinquante mètres. Cela changera le 1er juin 2027 : le nouveau Code de la route précisera que, sur les routes où l’on peut rouler à plus de 50 km/h, la distance de sécurité devra correspondre à la distance parcourue pendant au moins deux secondes..
À 120 km/h, cela représente environ 70 mètres. Sur chaussée mouillée, l’AWSR conseille même de passer à trois secondes, voire à quatre secondes en cas de neige ou de verglas. Pour vérifier facilement la distance, la méthode est simple : choisissez un point de repère le long de la route et lorsque le véhicule devant vous le dépasse, comptez « vingt-et-un, vingt-deux ». Vous ne devriez atteindre ce même point qu’une fois le décompte terminé.
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Très peu de sanctions
Malgré l’agacement qu’il provoque et son rôle avéré dans de nombreux accidents, coller au pare-chocs reste une infraction relativement peu sanctionnée. Chaque année, seules quelque 700 amendes de 58 euros sont dressées à l’encontre de conducteurs de voitures particulières. La raison est simple : ce type de contrôle demande beaucoup de moyens humains ! Les policiers doivent circuler dans le trafic et repérer eux-mêmes les comportements les plus flagrants. Les caméras et les drones sont plus difficiles à automatiser pour ce genre d’infraction : lors d’un dépassement ou d’une insertion, par exemple, un véhicule peut momentanément se retrouver très près d’un autre sans qu’il y ait pour autant infraction. Des solutions sont néanmoins testées : en Allemagne, des caméras sont par exemple combinées à des lignes tracées sur la chaussée, mais ce système reste coûteux. VIAS mène actuellement un projet pilote avec des radars de distance. Pour l’instant, ceux-ci ne concernent toutefois que les poids lourds.
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