Ce mardi, l'automobiliste qui fait le plein voit un chiffre que personne n'avait affiché avant lui. Le prix maximum du Diesel grimpe à 2,501 euros/l, un record absolu en Belgique. Il efface le précédent sommet d'avril, à 2,49 euros et laisse loin derrière celui qu'avait provoqué l'invasion de l'Ukraine quand le litre plafonnait à 2,29 euros. Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se souvenir qu'avant l'embrasement du Moyen-Orient, le Diesel se négociait à 1,76 euro/l. Un plein de 60 litres coûte aujourd'hui près de 44,5 euros de plus qu'à cette époque. L'essence 95 reste à 2,058 euros depuis le 3 septembre, ce qui constitue aussi son plus haut niveau depuis 2022.
Le Brent de mer du Nord évolue toujours au-delà des 100 dollars après avoir flirté avec les 110 la semaine dernière. Le problème, c’est que les raisons de cette fièvre ne s'apaisent pas. La guerre au Moyen-Orient a désorganisé le détroit d'Ormuz par où transite un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole, tandis que les attaques houthies sur le détroit de Bab el-Mandeb et sur les infrastructures saoudiennes ajoutent leur part au désordre. La guerre en Ukraine continue aussi d’avoir des répercussions avec des destructions d’usines de raffinage, ce qui va aussi militer la disponibilité des produits pétroliers sur le marché. Quid de la suite ? Personne ne s'accorde. Certains modèles tablent sur un reflux du baril dès l'automne, d'autres le voient franchir de nouveaux sommets. L'automobiliste belge n'a, pour l'instant, aucune raison d'espérer une accalmie.
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Le chiffre qui gêne
Face à la grogne, une idée revient à chaque flambée. On l'appelle le cliquet inversé, ce mécanisme qui consiste à réduire les accises pour compenser la hausse des prix et soulager le portefeuille de l'automobiliste. Sauf que le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA) a sorti sa calculatrice et le résultat calme les ardeurs. Selon les premières simulations de son administration, viser une baisse de 0,35 euro/l pendant trente jours pour ramener le carburant autour de 2 euros reviendrait à dépenser environ 200 millions d'euros par mois. Chaque jour, l'essence engloutirait à elle seule près de 113.824 euros, le Diesel plus de 152.249. C'est un coût que peu de gens avaient en tête.
Ce chiffre tombe au moment précis où le gouvernement s'apprête à ouvrir son conclave budgétaire, cet exercice où chaque million compte et se dispute. Trouver 200 millions par mois pour adoucir la note à la pompe relève de l'équation impossible. Jambon lui-même parle d'un coût budgétaire considérable dès lors qu'on veut un impact réel. Il y a peu de chance que l’État belge fasse un geste...
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