Détroit d'Ormuz : pourquoi la paix Iran-USA ne fera pas chuter les prix à la pompe du jour au lendemain

L'accord entre Washington et Téhéran fait plonger le baril de Brent. Le Diesel est d’ailleurs repassé sous les 2 euros ce mardi. Pour les automobilistes, c’est évidemment une bouffée d’oxygène. Mais entre le déminage du Détroit d'Ormuz, désaccord sur les conditions de réouverture et des marchés qui restent sous tension, un retour à la normale n'est pas pour demain. Mais quand alors ?

Publié le 16 juin 2026
Temps de lecture : 4 min

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Détroit d'Ormuz : pourquoi la paix Iran-USA ne fera pas chuter les prix à la pompe du jour au lendemain

C'est peu dire que Donald Trump a savouré le moment. « Le pétrole va couler à flots », s'est réjoui le président américain sur son réseau Truth Social dans la foulée du protocole d'accord conclu avec l'Iran dans la nuit de dimanche à lundi. Les marchés ont immédiatement suivi : le baril de Brent, référence européenne, est tombé sous les 83 dollars ce lundi contre 97 dollars début juin et un pic à 129 dollars au plus fort de la crise. En Belgique, le prix maximum du Diesel est repassé sous la barre symbolique des 2 euros/l depuis ce mardi, à 1,98 euro/l. Une première depuis le 12 mars.

Pour rappel, fin février, les premières frappes américaines et israéliennes sur l'Iran avaient provoqué la fermeture du Détroit d'Ormuz par lequel transitent quelque 140 navires par jour. Les cours s’étaient immédiatement emballés et le diesel belge avait atteint 2,489 euros/l le 8 avril. L'essence a, elle, culminé à 2,015 euros le 20 mai. Ces tristes records ont évidemment pesé très lourd dans le budget des ménages comme des professionnels et des entreprises.

Prudence, ce n’est pas encore fini

L’accord et l’annonce de la réouverture du détroit sont évidemment de très bonnes nouvelles. Mais l'enthousiasme de Trump se heurte à une réalité plus complexe. En effet, le passage des navires dans le Détroit d'Ormuz ne sera pas autorisé avant vendredi, car il est nécessaire de déminer, comme  le président américain l’a lui-même précisé. Sauf que les armateurs préfèrent attendre plus longtemps. En effet, l'analyste Homayoun Falakshahi de Kpler (une société d'analyse des marchés de l'énergie et des matières premières) interrogé par Les Échos relève un désaccord fondamental entre les deux parties : Washington annonce un passage libre et sans péage alors que Téhéran entend conserver le contrôle du Détroit et percevoir des droits de passage. Résultat : les tankers vont encore rester à quai.

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Un supertanker de pétrole.
Un supertanker de pétrole.

Selon ce spécialiste, le délai avant un retour à la normale du trafic maritime pourrait atteindre deux à trois mois. Et ce qu’il faut souligner, c’est que l'accord en lui-même n'est conclu que pour deux mois. Il peut être prolongé, mais on sait qu’il reste fragile.  La signature officielle est prévue vendredi en Suisse. D'ici là et après, beaucoup de choses peuvent encore basculer.

Les voyants au vert, mais pas tous

En Belgique, Energia, la fédération pétrolière belge, interrogée par la DH tempère aussi et indique que nous ne sommes pas encore revenus au niveau d'avant la guerre. Il faut en effet se souvenir que fin février, le baril de Brent se négociait autour de 71 dollars. À 83 dollars ce lundi, il reste donc 12 dollars au-dessus de son niveau pré-crise. Certes, la situation semble se rétablir, mais c’est progressif. En outre, le coût des assurances maritimes qui avait explosé pendant le conflit devra lui aussi redescendre et ça prendra aussi un certain temps.

Quels prix à la pompe peut-on espérer d'ici quelques semaines ?
Quels prix à la pompe peut-on espérer d'ici quelques semaines ?

Côté pompe belge, le Diesel est à 1,98 euro/l depuis mardi et la Super 95 à 1,87 euro/l. Des niveaux encore loin de ceux de début février qui se situaient à 1,72 euro/l pour le Diesel et 1,58 euro/l pour la Super 95. Mais ni Energia ni les analystes de Kpler ne croient pas à un retour à ces niveaux à court terme. Les stocks mondiaux ont fondu pendant le conflit (ils sont passés de 8,2 à 7,9 milliards de barils entre le début de la guerre et mai, selon l’Agence internationale de l’Énergie). Certains États vont probablement profiter de la détente pour reconstituer leurs réserves, ce qui maintiendra la pression sur les cours du pétrole.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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