Aucun romancier n'aurait osé l'imaginer pareil scénario : celui d’un président américain qui met tout en œuvre pour tuer la voiture électrique et qui devient malgré lui son meilleur ambassadeur en raison de ses choix géopolitiques.
Certes, Trump a déjà fait la publicité de la voiture électrique pour Elon Musk. C’était avec une Tesla devant la Maison-Blanche. Mais ce coup de com n’a jamais masqué la vérité : Trump a la voiture électrique en aversion. La preuve ? Il a supprimé le crédit d'impôt fédéral de 7.500 dollars pour les acheteurs de véhicules électriques, il a fait marche arrière sur les normes d'émissions et il a encore indiqué que l'essence bon marché et les gros pick-up faisaient partie du plan de redéveloppement du pays. En clair : tout doit être fait pour le pétrole.
Prix à la hausse
C'est pourquoi l’homme fort de Washington a décidé d'entrer en guerre contre l'Iran. Et, évidemment avec le conflit, les prix du pétrole sont partis à la hausse. Le détroit d'Ormuz est devenu un véritable étau qui a fait grimper en flèche les prix à la pompe. On l’a vu chez nous. Mais c’est aussi le cas aux États-Unis qui sont eux-mêmes autosuffisants en pétrole. Le prix du gallon (3,78 de nos litres) a explosé, passant de 2,9 à 3,8 dollars. C’est une hausse de 30%. Et ça a fait l’effet d’une bombe.
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Cette hausse des prix a eu un résultat inattendu : le retour de l'intérêt des Américains pour la voiture électrique. Dès la première semaine de mars, le bureau d'études Edmunds a enregistré une hausse de plus de 20% de l'intérêt pour les véhicules électriques et électrifiés. Aucune campagne gouvernementale ni aucune subvention n'avait réussi à en faire autant ces dernières années. C’est le comble de l’ironie. Trump croyait prendre et il a piégé tout le monde : il a forcé les grands constructeurs de Détroit à désinvestir massivement dans les technologies électriques et les voici déjà au pied du mur.
Ironie de l'annee ?
Dans ce contexte, l'un des grands gagnants, c’est le Chinois BYD. À Manille par exemple, un concessionnaire a reçu en deux semaines autant de commandes que sur un mois entier. Et en Europe aussi, la marque tire profit de la crise au Moyen-Orient. Ses ventes ont déjà triplé par rapport à l'année dernière. L’argument est imparable « plutôt que de s’inquiéter tous les jours du prix du pétrole, mieux vaut régler la question une fois pour toutes » a déclaré un responsable de la marque. Difficile de lui donner tort.
L'addition
Le think tank Ember a calculé que le parc électrique mondial économisait en 2025 quotidiennement près de 70% de ce que l'Iran exporte habituellement par le détroit d'Ormuz. Le constat est implacable : la meilleure arme contre la géopolitique guerrière et pétrolière de Trump, c'est la voiture électrique.
Mais Trump le sait aussi et c'est la raison pour laquelle il veut maintenant mettre fin à la guerre le plus vite possible. La situation est en train de se retourner contre lui. Et les électeurs avec. Mais en attendant, il est surprenant de voir que celui qui fait le plus pour la voiture électrique, c’est celui qui la détestait. À ce titre, les prix très accessibles des véhicules électriques d'occasion devraient d’ailleurs inciter les particuliers à réfléchir. En effet, comme le disait le responsable chinois, autant régler la question une bonne fois pour toutes.
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