ÉDITO – Poissy, Dresden, Forest : l'automobile européenne démantèle-t-elle ses propres fondations ?

La Belgique n'a pas besoin de cours d'histoire industrielle. Avec les fermetures de Renault, Opel, Ford ou Audi, le pays a appris ce que le mot « restructuration » signifiait vraiment. Ce qui change aujourd'hui, c'est l'échelle. Ce n'est plus un pays. C'est un continent.

Publié le 20 avril 2026
Temps de lecture : 3 min

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ÉDITO – Poissy, Dresden, Forest : l'automobile européenne démantèle-t-elle ses propres fondations ?

Les faits s'accumulent. Et on ne s'y habitue pas. À Poissy, Stellantis vient d’annoncer la fin de la production : aucun modèle ne prendra la relève des DS3 et des Opel Mokka après 2027. Par ailleurs, Renault va supprimer 20 % de ses ingénieurs d'ici 2030. Et ce n'est pas qu'en France : Volkswagen a fermé son usine de Dresde en décembre 2025, une première en 88 ans d’histoire de la marque. Le site sera reconverti en campus universitaire.

L'usine Stellantis de Poissy
L'usine Stellantis de Poissy

Le cabinet AlixPartners chiffre cette réalité : l'industrie européenne ne tourne qu'à 55 % de sa capacité, avec huit usines de trop sur le continent. En Belgique, il ne reste que Volvo à Gand. On connaît la chanson et les Belges la connaissent dans les deux langues : des mines du Limbourg aux hauts-fourneaux de Liège, Charleroi ou Clabecq, soit quand le charbon et l'acier européens ont commencé à plier.

Ce que l'acier nous a appris

La sidérurgie ou les mines ne sont pas mortes en un jour. Elles se sont vidées progressivement, restructuration après restructuration qui était à chaque fois présentée comme un ajustement conjoncturel. Jusqu'au moment où il n'y a plus rien eu à ajuster. C'est toujours la même chose : quand un secteur perd sa compétitivité, la production migre.

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L'usine de Poissy qui assemble l'Opel Mokka
L'usine de Poissy qui assemble l'Opel Mokka

L'automobile n'est pas l'acier, mais la situation y ressemble de plus en plus. BYD va construire en Hongrie et bientôt en Turquie. Pas pour s'européaniser, mais pour contourner les droits de douane tout en approvisionnant le marché local. Les marques chinoises captent désormais 6 % du marché européen avec près de 800.000 véhicules en 2025, soit presque le double de l'année précédente.

L'horizon qui recule

La différence avec l'acier ? Il n'y en a pas tant. L'Europe avait déjà ses règles pour la sidérurgie : libre concurrence, fin des aides d'État, frontières ouvertes à l'acier chinois subventionné. Ce cocktail a vidé les usines de Liège. Le même logiciel tourne aujourd'hui pour l'automobile, avec une couche supplémentaire : Bruxelles voulait bannir les voitures thermiques en 2035, puis est revenue sur sa décision. Pékin a fixé son cap électrique il y a quinze ans et n'a pas bougé d'un iota. Les constructeurs européens ont investi, hésité, recalibré leurs plans en boucle. Pas par incompétence, mais parce que le cadre se contredit sans cesse.

Usine BYD
Usine BYD

Et pendant ce temps, BYD vient de supprimer 100.000 postes. Pas parce qu'il va mal, mais pour automatiser encore davantage et produire encore moins cher. Les constructeurs européens tentent de colmater les brèches... Unique question : où cela va-t-il s’arrêter ?

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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