Chaque année, vers la fin septembre, les raffineries belges changent leur formulation sans que personne ne s’en aperçoive à la pompe. Les stations continuent de vendre de l’essence 95 ou 98 comme en été, mais ce qu’on sait moins, c’est que leur composition change. En effet, du butane est ajouté au mélange pour relever sa volatilité, cette capacité du carburant à s’évaporer suffisamment vite pour permettre un démarrage par temps froid. Sans cette modification, un moteur pourrait peiner à s’allumer dès que le thermomètre passe sous zéro degré.
Un chiffre enfin posé
Mais cet ajout a une conséquence : le butane contient un peu moins d’énergie par litre que les hydrocarbures qu’il remplace partiellement. Et le moteur doit donc brûler légèrement plus de carburant pour fournir le même travail. L’organisme Ressources naturelles Canada, un ministère du gouvernement fédéral canadien, chiffre la perte d’énergie entre 1,5 et 3 % par litre d’essence hiver comparée à l’essence été. Forcément, cette perte se traduit par un volume de carburant plus élevé pour parcourir la même distance, soit environ 1,5 à 3,1 % de consommation en plus. La mesure est parfaitement transposable à l’Europe, car les procédés des pétroliers sont identiques.
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Ceci vaut pour l’essence. Pour le Diesel, la paraffine naturellement présente dans le gazole a tendance à cristalliser par grand froid, ce qui menace de boucher le filtre à carburant. Les pétroliers ajoutent donc des additifs anti-paraffine en hiver pour protéger le moteur contre l’immobilisation. Mais cela ne change rien à la consommation, il fallait le préciser.
Le vrai responsable
Cela dit, comme on le sait, cette surconsommation due au carburant n’est qu’une partie de l’histoire. En hiver, les consommations grimpent nettement plus que 3 % et cela découle logiquement du froid lui-même. Le Département américain de l’Énergie a mesuré qu’une voiture essence consomme entre 12 et 15 % de plus en ville à -7 °C qu’à 25 °C et jusqu’à 22 % sur un court trajet de quelques kilomètres. En Europe, les tests Green NCAP relayés par l’ADAC vont plus loin encore et donnent aussi 15 % de surconsommation moyenne pour l’essence et jusqu’à 24 % pour un modèle Diesel (dans de vraies conditions hivernales toujours).
Quels facteurs ?
On l’aura compris, la majeure partie de la surconsommation en hiver ne provient pas du mélange différent pour l’essence. Elle découle d’autres facteurs plus impactants, tels que l’huile moteur qui met énormément de temps à atteindre sa température idéale. Un test de l’ADAC a montré qu’après quatre minutes de chauffe par -10 °C, l’huile n’affichait encore que -7 °C. Par ailleurs, le chauffage de l’habitacle, la résistance accrue des pneus froids et les vitesses réduites sur chaussée glissante ajoutent à la consommation de carburant. Le conducteur qui veut vraiment limiter sa facture en hiver gagnera donc bien plus à vérifier la pression de ses pneus ou à limiter les trajets très courts.
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