Les tarifs de recharge sont encore loin d’être uniformes, ce qui peut tourner au casse-tête pour les automobilistes à la merci des bornes publiques ! Une enquête récente de VRT NWS, portant sur plus de 25.000 points de recharge belges, confirme ce que nous avions déjà souligné sur Gocar : l’écart peut atteindre 160 % ! Une recharge coûtait ainsi 24 euros à Hasselt, alors que faire le plein de sa batterie sur une borne identique à Zandhoven revenait à pas moins de 64 euros ! L’explication ? Sur les bornes moins fréquentées, les opérateurs doivent rentabiliser leur investissement en facturant davantage chaque kilowattheure.
Sur ce point, l’électricité se distingue nettement de l’essence et du diesel : ces derniers sont soumis à des prix maximaux, contrairement au courant. En effet, le règlement européen AFIR d’avril 2024 ne fixe aucun plafond tarifaire précis ! Il impose bien des prix « raisonnables, transparents et comparables », mais même cette règle n’est encore que partiellement appliquée.
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Des coûts fixes élevés
Le Royaume-Uni rencontre le même problème. Aux bornes peu fréquentées, où les coûts fixes pèsent donc davantage sur chaque recharge, les automobilistes paient le prix fort. À cela s’ajoute la hausse des tarifs de réseau supportée par les exploitants, un phénomène bien connu de nombreux pays... Un groupe de travail britannique a analysé les prix : en cinq ans, ils ont augmenté de 69 % aux bornes lentes et même de 94 % aux bornes rapides ! Si rouler à l’électricité reste malgré tout moins cher, c’est aussi parce que les prix de l’essence et du diesel atteignent des niveaux records !
Mais les Britanniques ne comptent pas en rester là : le gouvernement veut légiférer le « tariff porting ». Le principe ? Vous identifiez votre voiture à la borne publique à l’aide d’une application ou d’une carte de recharge, puis les kilowattheures vous sont facturés au tarif prévu par votre propre contrat d’énergie, soit celui dont vous bénéficiez à la maison. L’électricité provient du réseau public, mais la facture est établie par votre fournisseur habituel.
Cette approche peut sembler logique, mais elle est en fait révolutionnaire ! Elle peut non seulement alléger la facture, mais aussi gommer l’inégalité entre les automobilistes qui habitent une maison mitoyenne et ceux qui disposent d’une allée et peuvent installer une borne à domicile. Le dispositif serait aussi particulièrement intéressant pour les consommateurs dont le contrat d’énergie prévoit un tarif de nuit. L’économie pourrait atteindre 0,30 € à une borne rapide, soit jusqu’à la moitié du tarif !
Des frais d’accès supplémentaires
Pour éviter que les exploitants de bornes soient lésés, le Royaume-Uni envisage un droit d’accès d’environ 200 livres (soit 240 euros). Ce montant doit couvrir les coûts fixes du réseau et il remplacerait la dépense nécessaire pour installer une borne, soit environ 1.500 euros. Pour l’heure, le dispositif reste une proposition qui doit encore être approuvée.
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En Belgique aussi, le marché des bornes de recharge passe progressivement du déploiement du réseau à l’introduction de tarifs plus compétitifs. Les initiatives portent toutefois sur d’autres pistes que celle envisagée au Royaume-Uni : Tesla applique depuis des années des tarifs variables à ses Superchargeurs, avec un tarif de pointe entre 16 h et 20 h et un tarif réduit en dehors de cette plage. Energyvision propose une carte de recharge assortie de tarifs spéciaux pour les week-ends et les jours fériés, avec parfois des recharges gratuites.
En Belgique, la recharge publique coûte en moyenne 0,45 à 0,65 euro par kilowattheure en 2026, contre 0,25 à 0,35 euro à domicile. Sur une année, l’application des tarifs domestiques aux bornes publiques pourrait donc représenter des centaines d’euros d’économies ! Cela dit, les conducteurs d’une voiture de société disposant d’une carte de recharge fournie par leur employeur, ressentent assez peu l’effet de ces tarifs. Ce sont surtout les particuliers, encore relativement peu nombreux, qui surveillent les coûts. Il faudra peut-être attendre qu’ils passent eux aussi massivement à l’électrique pour que les choses changent véritablement en Belgique !
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