Le compteur tourne. Et il tourne vite. De janvier à fin août 2026, les plaques d'immatriculation personnalisées ont déjà rapporté 8 millions d'euros dans les caisses de l'État, selon des chiffres du SPF Mobilité obtenus par nos confrères de L'Écho. Si le rythme tient jusqu'en décembre, l'exercice pourrait donc rejoindre le record de 12 millions d'euros enregistré en 2025. Environ 8.000 plaques ont été délivrées depuis le début de l'année, ce qui signifie que le cap des 12.000 exemplaires paraît atteignable d’ici à la fin de l’année.
Cet appétit pour la plaque personnalisée ne date pas d'hier. Depuis 2014, l'automobiliste peut choisir lui-même les chiffres et les lettres qui la composent. Et onze ans plus tard, on peut dire que la mode ne faiblit pas. Au contraire : elle s'amplifie.
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1.000 euros pièce
Pour obtenir sa combinaison, l'automobiliste belge doit pourtant s'acquitter d'une redevance de 1.000 euros, à laquelle s'ajoutent les frais d'expédition, soit 30 euros en temps normal et jusqu’à 110 euros pour une livraison express le jour même. La plaque peut contenir jusqu'à huit caractères pour une liberté de composition quasi totale. Un prénom, un slogan, un trait d'humour, une référence codée, tout est permis pourvu que la combinaison ne soit pas offensante, discriminatoire, xénophobe ou raciste, qu'elle ne fasse pas l'apologie du terrorisme ou qu’elle n'affiche aucune référence ouvertement politique.
Cela dit, le prix d’une plaque personnalisée pourrait bientôt grimper. Car l'accord de gouvernement de la coalition Arizona prévoit d'indexer la redevance, dont le montant n'a pas bougé depuis l'origine – en fait si, elle était passée entre 2015 et 2016 à 2.000 euros pour revenir quelques mois plus tard à 1.000 euros en raison de la chute des demandes. « Les modalités juridiques et pratiques de cette indexation sont actuellement à l'étude », glisse-t-on au cabinet du ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Autrement dit, le tarif belge, qui est déjà le plus salé d'Europe, s'apprêterait donc à le devenir davantage.
Le grand écart européen
Nos voisins ont choisi des philosophies différentes. Passez la frontière du Grand-Duché et l'exercice de la plaque personnalisée devient cinq fois moins cher. Au Luxembourg, la Société Nationale de Circulation automobile facture un numéro personnalisé au prix d'un timbre fiscal de 200 euros, dans quatre formats imposés. Et comparativement à l’Allemagne, le contraste vire au gouffre. Le Wunschkennzeichen y coûte 12,80 euros, mais la personnalisation reste encadrée puisque le code de la ville s'impose d'office avant les lettres et chiffres choisis par l'automobiliste.
La France, elle, ferme carrément la porte. Depuis l'instauration du système SIV en 2009, le numéro est attribué par l'État et ne se choisit pas, même contre supplément. Seule la zone régionale à droite de la plaque restant modifiable. Quant aux Pays-Bas, ils ont étudié la question en 2025 avant d'y renoncer, jugeant l'opération trop coûteuse et trop complexe. La Belgique occupe donc une position singulière à la fois pour le prix, mais aussi pour la liberté de composition.
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Il existe pourtant un pays proche de notre territoire où la plaque belge fait figure de bonne affaire. Le Royaume-Uni a renoncé au tarif unique pour lui préférer un marché. À la DVLA (Driver and Vehicle Licensing Agency), une immatriculation personnalisée démarre autour de 250 livres, soit près de 290 euros, mais les combinaisons rares se négocient en salle des ventes à des sommes parfois faramineuses. Le 1er novembre 2025, la plaque « 1 F » a été adjugée 926.000 livres chez Sotheby's à Londres, soit environ 1,08 million d'euros. Quelques mois plus tôt, « JB 1 » était partie à 608.600 livres (près de 710.000 euros). C’est tout simplement fou !
La DIV pourra sévir
Ces dernières années, les plaques personnalisées ont beaucoup fait parler et pas toujours en bien. Car, malgré les contrôles (désormais par IA) des inscriptions, certaines plaques personnalisées renvoyant ouvertement au nazisme ou au terrorisme se sont malgré tout retrouvées sur la route ces derniers mois. Alertée, l'administration avait contacté les automobilistes concernés pour leur demander d'en changer, ce qu'ils avaient accepté. Mais en cas de refus, la DIV se trouvait jusqu’ici démunie.
Et ça aussi, ça change. Dès le 1er octobre 2026, un arrêté royal lui donne enfin les moyens d'agir. Le titulaire d'une plaque jugée problématique sera d'abord invité à la modifier ou à y renoncer, sans frais. Mais en cas de refus, la DIV pourra désormais procéder à sa radiation d'office ». La liberté belge est grande, mais elle n'est plus sans limites.
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