Les Belges aiment les plaques personnalisées. L’an dernier, il s’en est vendu plus de 13.500, soit plus de 37 par jour. Pour l’État, c’est une aubaine, puisqu’une personnalisation coûte 1.000 euros. Cela dit, tantôt très personnelles tantôt amusantes, les plaques personnalisées créent aussi des polémiques. Ça a encore été le cas récemment à Bruxelles où les automobilistes ont pu apercevoir la plaque « 7 OKTOBR » qui semble faire référence au 7 octobre 2023, jour de l’attaque meurtrière perpétrée par le Hamas en Israël et qui coïncide donc aussi avec le début de l’offensive militaire sur Gaza. Sur les réseaux sociaux, l’indignation s’est rapidement propagée et elle a assez logiquement atteint la sphère politique à l’heure où le gouvernement se positionne sur la question.
C’est « profondément scandaleux » a réagi le président du MR, Georges-Louis Bouchez, appelant le ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (les Engagés) à s’expliquer. Et la question est bien là : comment une telle plaque a-t-elle pu être validée par les autorités compétentes en dépit de règles qui interdisent explicitement toute référence à des actes terroristes, à des inscriptions à caractère offensant telles que la discrimination, la xénophobie ou le racisme ?
Un filtrage humain faillible
En réalité, le processus actuel repose sur un double contrôle : une première vérification automatisée, puis une seconde, humaine. La Direction de l’immatriculation des véhicules (DIV) dispose d’une liste noire de termes interdits – insultes, propos racistes, références politiques ou à des idéologies violentes – censée empêcher ce type de dérive.
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Et pourtant... Selon le SPF Mobilité, la deuxième vérification reste une tâche humaine, et il semble de ce fait impossible d’avoir connaissance de toutes les connotations possibles. Certaines combinaisons passent donc au travers du filet. Comme ce fut le cas par le passé avec des plaques comme « HH-88 », « SS » ou encore des variantes codées de noms liés à l’idéologie nazie. D’autres, plus puériles, mais tout aussi discutables sont également signalées après coup.
Des outils technologiques absents
Dans ce contexte, on peut légitimement s’interroger sur l’absence de technologies plus avancées dans le processus de validation des plaques personnalisées. Les systèmes d’intelligence artificielle actuels sont pourtant capables d’analyser des textes en plusieurs langues et de repérer des références douteuses, même dissimulées sous des formes détournées.
Bien entendu, il ne s’agit pas de remplacer la validation humaine, mais de la renforcer. L’IA pourrait donc ici jouer un rôle d’assistance, en signalant des combinaisons potentiellement sensibles ou ambigües, laissant ensuite à l’agent la responsabilité de trancher. La polémique autour de la plaque « 7 OKTOBR » démontre une nouvelle fois que le système a besoin d’ajustements. Et urgemment.
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