Le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) a adressé une lettre d'intention formelle au siège de Volvo Cars à Göteborg : la Flandre veut garder la dernière usine automobile du pays et elle est prête à y mettre le prix. Jusqu'à 119 millions d'euros de soutien public sont sur la table, le tout réparti en trois volets.
Trente millions d'euros seraient ainsi consacrés aux investissements dans l'efficacité énergétique et les processus de production circulaires, jusqu'à 80 millions d'euros étalés sur dix ans pour soutenir l'innovation, comme la technologie des batteries et la numérisation des installations et enfin, 9 millions supplémentaires pour la formation du personnel. Diependaele a précisé que l'enveloppe respecte les règles européennes sur les aides d'État et qu'elle est conditionnée aux investissements réels : « Ce n'est pas un chèque en blanc », a-t-il déclaré à la presse.
Kosice, la vraie menace
Car le contexte est tendu pour Volvo Gand. Une fois le site slovaque de Kosice pleinement opérationnel (début 2027) Volvo disposera d'une capacité de production européenne combinée d'environ 800.000 véhicules par an, alors que la marque n'en a vendu qu'environ 370.000 en Europe en 2025. La surcapacité est donc bien réelle. En outre, Kosice est technologiquement mieux positionnée pour accueillir les prochaines générations de modèles, car elle est équipée des fameuses presses permettant le megacasting et qui sont absentes de Gand.
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Selon les délégués syndicaux, la production de l'EX40 et de l'EC40 prendra fin l'année prochaine à Gand et elle sera transférée vers la nouvelle usine slovaque tandis que le CEO de Volvo, Hakan Samuelsson, a déjà jugé que les coûts de l’usine de Gand étaient un problème. L'usine conserve l'EX30 et le XC40 hybride, de quoi rester au-dessus des 200.000 unités produites en 2025. Mais pour la suite, il n’y a pas encore de piste pour les futures attributions de modèles.
Interrogée par De Tijd, la porte-parole de l'usine gantoise, Barbara Blomme, a accueilli « l'intention de soutien » avec bienveillance, une formule diplomatique qui dit tout. Du côté de Göteborg, silence. La Flandre avait en janvier dernier constitué une task force multi-niveaux pour défendre les 6.500 emplois du site et l’offre est maintenant sur la table. La balle est donc dans le camp suédois. Ce qui n’empêchera probablement pas la marque de faire ses choix industriels.
Le spectre de Forest
Si la démarche du gouvernement flamand est plus que louable, l’expérience nous montre que ce type de soutien n’a pas toujours porté ses fruits. Entre 2018 et 2024, Audi Brussels avait perçu 157,7 millions d'euros d'aides publiques belges (des réductions de précompte professionnel, des allègements de cotisations ONSS, des crédits à la formation, etc.), soit plus de 52.000 euros par travailleur. Mais ça n'a pas suffi : l'usine de Forest a fermé. La Flandre le sait et ça ne changera pas la réalité du rapport de force : c'est Göteborg qui décidera in fine.
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