BMW aura résisté plus longtemps que les autres. Pendant que Volkswagen, Mercedes ou Porsche annonçaient coupe sur coupe, BMW semblait tenir sa ligne et être le dernier premium épargné par la tempête. Mais ce mercredi, tout s’est effondré, comme le laissait augurer l’alerte sur les résultats lancée en juin dernier. Le constructeur bavarois va proposer un plan de départs volontaires visant à supprimer environ 8.000 postes dans le monde d'ici fin 2027. Sur un effectif mondial d'environ 154.000 personnes, ça représente près de 5 % des emplois. Ce n’est assurément pas rien.
BMW is offering voluntary severance packages to thousands of its workers in Germany https://t.co/frOnQl6BNF
— Bloomberg (@business) July 29, 2026
Le tri des fonctions
Toutes les divisions ne sont pas logées à la même enseigne. Les usines allemandes ne seront pas touchées, contrairement à ce que certains analystes redoutaient : ce sont les fonctions administratives, la planification et la recherche et développement qui absorberont l'essentiel du choc. La restructuration est mondiale, mais elle se concentrera majoritairement en Allemagne, où quelque 40.000 salariés sur 85.000 recevront à partir d'octobre une offre de départ. Il faut rappeler qu’outre-Rhin, un accord interdit les licenciements secs. La direction de BMW devrait donc convaincre plutôt que contraindre et pour y arriver, il va miser sur des primes de départ généreuses.
Que la R&D figure dans les départements visés reste interpellant pour un constructeur qui a fait de l'ingénierie sa signature. Et on pensait que ce département R&D serait épargné, surtout après le superbe travail réalisé autour de l’architecture Neue Klasse qui démontre que le savoir-faire allemand (et européen) était toujours au top.
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Mais ce serait oublier le mouvement de délocalisation de ces activités qui s’amplifie dans le secteur. On l’a déjà vu avec la nouvelle Renault Twingo E-Tech, presque complètement développée en Chine chez des sous-traitants pour réduire les délais de développement. Reste à savoir jusqu’où BMW pourrait pousser le bouchon.
La Chine en toile de fond
Aussi étonnant que cela puisse paraître, le repli de BMW tient dans un seul pays : la Chine. Sur les six premiers mois de l'année, les ventes de BMW sur ce territoire ont chuté de 20,4 %, un effondrement que les croissances européennes et américaines ne parviennent pas à compenser. La Chine reste le premier marché du groupe tandis qu’il faut encore compter avec la guerre des prix qui s’y tient, autant qu’avec les droits de douane américains et les retombées du conflit au Moyen-Orient. Ça fait beaucoup de fronts à la fois.
BMW ne restructure pas seul. Porsche vient d'annoncer lui aussi 5.000 suppressions supplémentaires en plus des 3.900 déjà programmées, Volkswagen envisage jusqu'à 100.000 postes en moins dans le monde et Mercedes a lui aussi ouvert la voie aux départs volontaires. Dans ce contexte, le groupe a d'ailleurs choisi de se retirer du Mondial de l'Auto de Paris cette année, façon de dire qu'il choisit ses priorités.
Des ventes au top
On le disait : la perte des ventes chinoises n’est pas compensée par celles des autres marchés. Pourtant, BMW n’a jamais aussi bien vendu en Belgique. Sur le premier semestre 2026, la BMW X1 domine l'ensemble du marché des voitures neuves, toutes énergies confondues. Et sur le seul terrain électrique, la marque place deux modèles dans le top 5, l'iX1 et l'iX3, juste derrière la Tesla Model Y. À suivre...
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