L’essentiel de l’info
· Londres veut que ses usines bénéficient du « Made in Europe » pour les subventions et les marchés publics.
· Bruxelles demande à Londres de rapprocher sa politique commerciale de celle de l’UE, notamment face aux voitures chinoises.
· La SMMT défend l’accès au marché européen et rappelle que l’automobile britannique soutient aussi l’économie et l’emploi dans l’UE.
Faire partie du club ou rester à l’écart ? Plus de 6 ans après le Brexit qui a acté sa sortie de l’Union européenne, le Royaume-Uni se retrouve encore face à ce dilemme. Cette fois, la question se pose avec les règles « Made in Europe » que l’UE prépare dans le cadre de l’Industrial Accelerator Act.
L’Europe entend ainsi favoriser sa propre production dans l’attribution des subventions et des marchés publics. L’objectif est notamment de protéger son industrie automobile face aux produits chinois moins chers. Le Royaume-Uni aimerait bénéficier de cette protection, mais cela ne va pas si simple !
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Une porte d’entrée pour les voitures chinoises ?
Selon de récentes informations du quotidien économique « Financial Times », Bruxelles demande à Londres de rapprocher davantage sa politique commerciale de celle de l’UE, notamment vis-à-vis des voitures chinoises. Le raisonnement est simple : pour être traité comme un partenaire industriel européen, il faut aussi contribuer à protéger le marché européen !
L’UE a donc fait comprendre au Royaume-Uni qu’il aurait tout intérêt à réintégrer l’union douanière s’il souhaite faciliter ses échanges avec le continent. Et Bruxelles redoute que le pays ne devienne une porte dérobée permettant aux voitures chinoises d’entrer en Europe sans droits de douane !
Alors que l’UE a instauré des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques chinoises en 2024, le Royaume-Uni n’a pas suivi. Résultat : les constructeurs chinois représentent désormais 16 % de l’ensemble du marché automobile britannique, contre environ 12 % dans l’UE.
Pour bénéficier des règles « Made in Europe », Londres devrait donc relever ses barrières douanières face à la Chine. Un dossier délicat pour le gouvernement britannique qui cherche aussi à attirer des investisseurs chinois afin qu’ils produisent des voitures sur son territoire ! À cela s’ajoute l’arrivée toute récente d’Andy Burnham au poste de Premier ministre, le cinquième en quatre ans. Ce changement de gouvernement ralentit les discussions entre les deux parties, ce qui ne joue pas en faveur du Royaume-Uni…
Publicité – continuez à lire ci-dessous
L’éternel tiraillement demeure : Londres veut décider seul de sa politique commerciale, tout en évitant que les produits britanniques soient moins bien traités sur le marché européen !
Des liens étroits avec l’Allemagne
Pour les usines automobiles britanniques, comme celles de Jaguar-Land Rover, BMW (Mini), Toyota ou Nissan, l’accès aux clients européens reste pourtant essentiel. La SMMT, la Society of Motor Manufacturers & Traders, plaide donc pour le libre-échange. La fédération brandit une étude selon laquelle l’industrie automobile britannique contribue chaque année à hauteur de 19 milliards d’euros au produit intérieur brut de l’UE, grâce à ses achats de pièces, de produits et de services. Elle entend surtout montrer qu’exclure les usines britanniques pourrait aussi pénaliser les entreprises européennes !
En outre, précisons que les liens industriels sont particulièrement étroits entre l’Allemagne et le Royaume-Uni. Selon la SMMT, 69.000 emplois automobiles allemands dépendent des exportations vers le marché britannique ! La fédération insiste sans doute aussi sur ce chiffre pour faire pression sur le chancelier Friedrich Merz, déjà accusé dans son pays de ne pas en faire assez pour enrayer les pertes d’emplois dans l’automobile…
Le secteur se retrouve ainsi au cœur d’un bras de fer entre l’UE et le Royaume-Uni. Économiquement lié à l’Union, ce dernier tient à conserver son indépendance politique. Mais les avantages viennent avec des conditions ! Une réalité que les Britanniques rechignaient déjà souvent à reconnaître lorsqu’ils étaient membres de l’UE…
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar