On a longtemps pensé qu'un marché offrait d'autant plus de satisfaction qu'il proposait de choix. Mais en Chine, cette évidence est remise en question. Le premier marché automobile mondial – où plus de cent marques locales se livrent une guerre sans merci – produit désormais des nouveautés à une cadence totalement démesurée et que le consommateur ne peut d’ailleurs plus suivre. Durant le seul premier semestre 2026, ce sont près de 650 modèles neufs ou restylés ont déferlé sur le marché, soit presque quatre par jour selon les données de la plateforme Dongchedi relayées par Bloomberg. Le chiffre est vertigineux, mais il est aussi inquiétant.
— Andrew J Phelan (@ajphelo) July 16, 2026
Une cadence folle
Il faut distinguer ce qui relève du vrai renouvellement et ce qui tient du simple lifting. Sur ces 650 lancements se cachent quantité de retouches, de nouvelles teintes et une kyrielle d’ajustements de finitions ou de lancement d’éditions spéciales. Mais même en ne retenant que les modèles réellement inédits, ceux qui n'ont aucune existence antérieure dans la base nationale, on tourne autour de trente par mois selon le China Automotive Technology and Research Center. Ce rythme dit beaucoup de la puissance industrielle chinoise et il démontre ô combien l’empire du Milieu est capable de compresser des cycles de développement qui prennent des années ailleurs. Pour mesurer l'écart, l'étude Car Wars de Bank of America ne prévoit que 159 lancements aux États-Unis sur les quatre prochaines années.
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Mais cette abondance a un sérieux revers et il influence directement le marché. L'acheteur chinois avance en effet à tâtons dans un catalogue qui se réécrit en permanence : quelle marque choisir, quel modèle, faut-il acheter maintenant ou attendre la baisse de prix quasi certaine du mois suivant ? Et il y a pire : la valeur résiduelle des véhicules en circulation s'effondre au rythme des renouvellements ce dont les propriétaires se plaignent ouvertement. Le vice-président exécutif de BYD a lui-même a qualifié ce marché de proprement « dément », jugeant qu'aucun engouement pour une nouveauté ne tient plus de trois mois avant de retomber. La voiture n'est plus un investissement de long terme. Elle est devenue comme un smartphone qu’on remplace. Forcément dans cette course, les constructeurs étrangers sont priés de s'écarter, car incapables de tenir un tel tempo.
Et pour les Belges ?
Pendant que la Chine sature son propre marché au point d'y égarer ses acheteurs, la Belgique compte déjà pas mal de constructeurs chinois : pas moins de 23 marques étaient actives sur le marché belge au premier semestre 2026 selon la FEBIAC qui comptabilise les immatriculations. Sur ces 23 marques, la plupart restent confidentielles, mais cinq sortent du lot avec MG en tête (2,48 % de part de marché) devant BYD, Leapmotor, Xpeng et Jaecoo. Et chez nous l’offre va encore d’enrichir puis que d’ici la fin de l’année, c’est Chery s’implantera. Et ce ne sera certainement pas la dernière à la faire...
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