Trump ouvre le Diesel rouge aux Américains : et si on faisait pareil en Belgique ?

Partout dans le monde, les prix du Diesel flambent. Donald Trump vient d’ailleurs de l’autoriser dans les véhicules américains. Dans ce contexte, nombreux sont les Belges qui pensent à faire le plein de rouge, ce carburant défiscalisé réservé aux machines de chantier et aux engins agricoles. Mais c’est une très mauvaise idée. Voici pourquoi.

Publié le 10 octobre 2026
Temps de lecture : 4 min

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Trump ouvre le Diesel rouge aux Américains : et si on faisait pareil en Belgique ?

À retenir

  • Trump a signé le 5 octobre un décret autorisant le Diesel rouge sur les routes US jusqu'au 31 décembre, via un report de taxes.
  • En Belgique, l'écart d'accises reste énorme, 23 contre 600 euros les 1.000 litres. La tentation est grande. Mais un traceur chimique trahit la fraude sur le long terme.
  • Rouler au mazout expose à 5.000 euros d'amende et à la confiscation du véhicule tandis que l’absence d’additifs use plus le moteur et augmente la consommation.

Les prix du Diesel atteignent des sommets. Et rien ne semble pouvoir les faire redescendre. La semaine dernière, les pays du G7 ont bien décidé de libérer cent millions de barils de réserves stratégiques, mais cet effet n’aura qu’un temps. L’opération permettra surtout d’éviter que les prix ne s'envolent davantage en octobre et novembre, mais elle ne permettra pas de les faire reculer. Dans ce climat tendu, un carburant presque deux fois moins taxé (1,46 euro/l contre 2,39/l à la pompe) fait forcément rêver.

La réflexion est d’autant plus légitime qu’aux États-Unis, Donald Trump a décidé d'en ouvrir l'accès. Le 5 octobre, il a signé un décret autorisant temporairement l'usage du Diesel rouge sur les routes publiques et reportant la taxe fédérale de 24,4 cents par gallon jusqu'au 31 décembre. Dans les médias, il a indiqué que tout le monde pouvait se servir, mais dans les faits, le texte vise d'abord les routiers professionnels, camionneurs et agriculteurs. Et il ne reporte la taxe que pour quelques semaines. Du grand Trump, une fois de plus.

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Pas le même Diesel

La question que les utilisateurs de voiture Diesel se posent, c’est de savoir si le jeu en vaut la chandelle ? Et, surtout, est-ce que le Diesel rouge est, hormis sa couleur, le même que le routier disponible dans toutes les stations-service ? La question est légitime, car le mazout de chauffage a beaucoup changé ces dernières années. Longtemps chargé en soufre, il a été assaini par la réglementation. Depuis le 1er avril 2024, la norme belge NBN T52-716 impose au gasoil de chauffage une teneur en soufre ramenée de 50 à 10 parties par million (ppm). De ce fait, le mazout « sale » d'il y a dix ans n'existe donc plus. Le rouge a donc rejoint le Diesel routier.

Cela dit, le soufre, c’est une chose, mais il subsiste malgré tout quelques différences. En effet, le gasoil de chauffage suit la norme belge NBN T52-716 tandis que le Diesel carburant répond à la norme européenne EN 590. Cette dernière garantit notamment que le carburant routier présente un indice de cétane qui mesure la qualité d'inflammation du gazole dans le moteur et il embarque aussi un paquet d'additifs destinés à soigner la combustion et à protéger les pièces. Le rouge, lui, s’en passe.

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Faute d'additifs, le mazout de chauffage favorisera davantage les dépôts dans le moteur ce qui ne favorisera pas la durée de vie. En outre, sans indice de cétane garanti, la combustion pourrait aussi être moins complète. En toute logique, la consommation s’en ressentira aussi.

Moitié moins cher, mais...

Mais l’enjeu, du moins à court terme, c’est le portefeuille. Et là, il faut bien dire que les Belges ont de quoi craquer, car l’écart en taxes est spectaculaire : 23 euros d'accises les 1.000 litres pour le rouge contre 600 euros pour le Diesel « blanc ». Le problème, c’est qu’en mettre une seule fois peut condamner pour longtemps. En effet, le colorant rouge est un traceur chimique qui laisse des traces dans le réservoir même après avoir refait le plein de Diesel conventionnel.

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En cas de fraude, les barèmes des amendes ont de quoi refroidir. C’est 500 euros d'amende pour moins de cent litres, 750 euros pour moins de trois cents et 1.250 euros au-delà. Et si d’aventure, les forces de l’ordre découvraient un réservoir caché (par exemple dans un garage), la facture grimpe à 5.000 euros et le véhicule peut être purement et simplement confisqué. Ça fait réfléchir...

Faire le plein autrement

On l’aura compris : mieux vaut rester dans les clous et éviter les ennuis. On peut déjà faire quelques économies en réfléchissant où on fait son plein. Comme on le sait, il vaut mieux éviter les stations de ravitaillement situées sur les autoroutes et privilégier les zones où les pompes sont nombreuses, tout simplement parce qu’il y a un effet de concurrence. Après, les montants économisés ne représentent pas non plus des fortunes : un plein de 50 litres avec une différence de 7 cents ne rapporte que 3,50 euros. À méditer.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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