Deux euros quarante. C'est le prix qu'affiche à nouveau le litre de Diesel à la pompe ce vendredi, à quelques centimes seulement de son record du 8 avril dernier (2,489 euros/l). L'essence n'est pas mieux lotie, à 2,0580 euros/l, elle aussi tout près de son sommet de 2022. Bien entendu, cette nouvelle poussée est due à un baril de Brent qui est repassé au-dessus des 100 dollars en raison de la reprise des hostilités dans le détroit d'Ormuz. Et rien ne montre que la situation pourrait se calmer à court terme. Certains analystes prévoient même une flambée du baril jusqu’à 150 dollars si le conflit devait se prolonger pendant plusieurs semaines.
Le MR dégaine
Face à cette flambée, le vice-premier ministre David Clarinval (MR) veut agir. Son cabinet l'a confirmé, le libéral francophone demandera au ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA) une évaluation des recettes de TVA générées par la hausse des prix. Et le MR entend défendre le cliquet inversé dans le cadre du conclave budgétaire qui débute début octobre. Georges-Louis Bouchez (MR) va plus loin, il se dit prêt à bloquer des dossiers gouvernementaux si rien ne bouge.
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Il faut rappeler comment fonctionne le cliquet inversé. En temps normal, environ 60 centimes sur chaque litre d'essence ou de Diesel reviennent à l'État sous forme d'accises. Le cliquet inversé est censé fonctionner comme un amortisseur en abaissant temporairement ces accises lorsque les prix dépassent un certain seuil. C’est donc l'inverse du cliquet classique, qui remonte les accises quand les prix baissent. Bonus pour les automobilistes : une baisse des accises entraîne mécaniquement une diminution de la TVA qui est calculée après l’ajout des accises, ce qui amplifie l'effet de baisse.
Le mur budgétaire
Cela dit, rien n’est simple. Le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) redoute toute mesure qui creuserait davantage un budget déjà exsangue. Le Comité de monitoring chiffre d’ailleurs le trou à 40 milliards d'euros d'ici 2029. La N-VA prône donc la prudence, refusant de rééditer ce qu'elle qualifie d'erreurs par le gouvernement précédent, soit les mesures d'aide énergétique de la Vivaldi du gouvernement De Croo pendant la crise de 2022. L'organisation patronale Unizo qui défend les indépendants salue l’idée de remettre le cliquet inversé sur la table, mais elle juge aussi ce geste insuffisant et plaide pour des mesures structurelles plus fortes et donc aussi plus coûteuses.
Du côté des distributeurs, on ne cache pas l’hostilité à la mesure. Dans la presse, la fédération des négociants en carburants, la Brafco, dénonce une charge administrative ingérable pour des pompistes déjà contraints dans certains cas de vendre le Diesel sous leur prix d'achat. La question d’une intervention de l’État belge est donc particulièrement incertaine, tant les positions divergent d'un parti à l'autre au sein même de la coalition. Le conclave budgétaire de début octobre s'annonce âpre et l'automobiliste n'a aucune garantie d'en sortir gagnant. À suivre.
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