Début avril, le Diesel atteignait les 2,33 euros/l à la pompe en Belgique, soit 25 centimes de plus que la moyenne européenne établie à 2,08 euros par la Commission européenne au 30 mars. Les automobilistes sentent passer la facture et encore plus quand on regarde ce qui se passe chez nos voisins : l'Espagne, l'Italie et le Portugal par exemple ont pris des mesures très concrètes pour soutenir les automobilistes. Les conducteurs belges, eux, attendent toujours, car le gouvernement De Wever a décidé de ne finalement pas recourir au cliquet inversé.
Un mécanisme trop coûteux
Le cliquet inversé réduit automatiquement les accises sur les carburants lorsque les prix à la pompe franchissent un certain seuil. Son activation aurait allégé la facture de tous les conducteurs belges. Mais la coalition Arizona a écarté cette option fin de semaine dernière, invoquant l'état des finances publiques. Bart De Wever et le gouverneur de la Banque Nationale Pierre Wunsch l'ont rappelé à plusieurs reprises ces dernières semaines : les marges budgétaires sont proches de zéro. Des aides généralisées ne seraient ni tenables ni vraiment efficaces.
À la place du cliquet, les politiciens ont préféré une enveloppe spécifique et qui sera déployée vers deux profils : les travailleurs pénalisés par la hausse des coûts de déplacement domicile-travail et les ménages vulnérables qui se chauffent encore aux combustibles fossiles. Ces aides seront temporaires et s'éteindront automatiquement à leur terme. Les montants précis ne seront connus qu'après le conseil des ministres du 17 avril. Des pistes comme le recours accru au télétravail ou une limitation de vitesse sur autoroute sont également à l'étude. Mais on voit mal comment cette dernière mesure pourrait être mise en place autrement qu’avec des contrôles ultra-renforcés et qui ne feraient une fois de plus que délester le portefeuille des citoyens.
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Pas de cliquet inversé, mais des aides ciblées pour les ménages les plus vulnérables https://t.co/y38Zp6QrDR pic.twitter.com/Road5FHihq
— L'Echo (@lecho) April 3, 2026
L'Europe fait autrement
Pendant ce temps, plusieurs voisins ont choisi une voie nettement plus interventionniste. L'Espagne a abaissé la TVA sur toutes les formes d'énergie de 21% à 10%, réduisant le prix de l'essence et du diesel d'environ 30 centimes par litre, dans le cadre d'un plan global à 5 milliards d'euros. L'Italie a débloqué quelque 417 millions d'euros pour réduire les droits d'accise sur les carburants. Le Portugal a activé un mécanisme automatique qui abaisse les taxes dès que les prix augmentent, une autre version en somme de notre cliquet inversé.
Il faut s’y résoudre, l’automobiliste belge va continuer à payer son carburant au prix fort, alors que la moitié du prix du litre d’essence ou de Diesel est composé de taxes. Et c’est d’ailleurs cette réalité que le gouvernement n'évoque pas. La TVA en particulier est calculée en pourcentage du prix final : quand ce dernier grimpe, les recettes de l'État augmentent mécaniquement. Bart De Wever a affirmé que l'État ne s'enrichissait pas sur la crise, mais il y a quelques semaines déjà, on estimait que l’État belge engrangeait 46 millions d’euros de plus par mois avec l’augmentation des prix des carburants. C’est forcément plus maintenant puisque les prix sont encore plus élevés...
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