Aux États-Unis et en Chine, le phénomène n’a déjà plus rien de nouveau. Dans certaines villes comme San Francisco, Austin, Guangzhou ou Shanghai, il est d’ores et déjà possible de commander un taxi électrique autonome. Ces fameux robotaxis sont annoncés comme la prochaine grande révolution de la mobilité, avec Tesla et son Cybercab parmi les plus fervents défenseurs du concept ! Toutefois, dans les faits, l’entreprise américaine est loin d’être la plus grande, ni la plus performante dans ce domaine.
Zagreb ouvre le bal
L’Europe, à son tour, se prépare doucement à l’arrivée des robotaxis. Depuis quelques semaines, l’entreprise croate « Verne » est devenue le tout premier opérateur à proposer un service commercial sur le continent européen, à Zagreb. Derrière ce projet, on retrouve un nom bien connu : Mate Rimac, l’homme qui avait déjà impressionné le monde entier avec la Rimac Nevera, l’hypercar électrique. Avec son partenaire Pony.ai pour la technologie et le géant de la mobilité Uber, il entend transformer notre manière de nous déplacer en ville !
À Zagreb, ne vous attendez toutefois pas à monter à bord d’une hypercar ! Pour sa flotte, Verne n’a pas opté pour des Rimac, mais pour dix BAIC Arcfox Alpha T5. Ce SUV électrique de taille moyenne d’origine chinoise, embarque tout ce qui se fait de plus récent en matière de conduite autonome : capteurs LiDAR avancés, radar et caméra à 360 degrés. Le modèle utilise la septième génération du système de conduite autonome développé par le Chinois Pony.ai.
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Seulement deux euros
Réserver une course se fait via une application et le prix est particulièrement attractif ! À Zagreb, les clients paient actuellement un tarif de lancement fixe de seulement 1,99 € par trajet ! Cela dit, la voiture n’est pas encore totalement livrée à elle-même : pour des raisons de sécurité, et conformément à la législation européenne actuelle, un opérateur formé reste assis derrière le volant durant cette première phase, avec les mains sur les genoux, mais prêt à intervenir si le logiciel venait malgré à se tromper.
Se laisser conduire par un taxi autonome a évidemment quelque chose de spectaculaire ! Et cela montre surtout que cette technologie n’est pas près de disparaître : selon les prévisions, quelque 120.000 robotaxis devraient circuler dans les villes européennes d’ici 2030. Mais cette première croate montre aussi que, même dans ce domaine, les entreprises chinoises tiennent déjà fermement les commandes ! De la voiture au logiciel de conduite autonome, rien n’est européen. Pourtant, l’Union européenne aimerait changer la donne !
Si l’on regarde les autres projets actifs sur notre continent, le constat est hélas similaire... En Belgique, De Lijn exploite à Louvain une navette autonome qui suit une boucle de huit kilomètres (et qui ne roule donc pas d’un point A à un point B comme le ferait un véritable robotaxi). Il s’agit de la toute première autorisation de niveau 4 en Belgique : à titre de comparaison, l’autorisation accordée au logiciel de conduite autonome des Tesla concerne, elle, le niveau 2 ! Mais la technologie qui se cache derrière vient de WeRide, une entreprise chinoise.
Un risque pour la cybersécurité ?
À Munich, Uber mène actuellement un projet pilote dans le domaine du taxi autonome. Mais là aussi, le géant américain s’est associé à un fournisseur chinois : Momenta. Plus au nord, à Berlin, on retrouve Volkswagen, qui fait rouler en test une flotte d’ID.Buzz autonomes, le tout sous la bannière de MOIA, une filiale du groupe allemand. Ici, la technologie de conduite autonome vient de chez Mobileye qui n’est pas chinois, mais israélien.
Pour trouver un projet réellement européen, il faut se tourner vers Londres. Pas du côté de Waymo, qui doit bientôt y faire ses débuts avec un logiciel développé par le géant américain Google, mais bien chez Wayve. Cette entreprise est née au sein de l’université de Cambridge, sans intervention étrangère ! Ses véhicules sont déjà testés depuis un certain temps dans le trafic dense de la City.
La domination chinoise dans les robotaxis n’a rien de vraiment surprenant. Les acteurs chinois disposent d’une solide expérience, puisqu’ils exploitent des services payants depuis 2020 dans les grandes métropoles du pays. Leur matériel et leurs logiciels ont déjà accumulé des centaines de milliers de kilomètres d’essais en conduite autonome ! Mais dans le contexte actuel de tensions géopolitiques, voir circuler dans nos villes des flottes de véhicules autonomes contrôlées par des entreprises chinoises n’est pas sans poser question... Les services de cybersécurité de l’armée suivront probablement le dossier de très près ! Et comme dans le secteur des batteries, il est clair que l’Europe a du retard à rattraper.
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