Bien que les premiers chiffres de 2025 démontrent une certaine stabilité – une performance sur un marché automobile historiquement agité –, l’inquiétude renaît chez Volkswagen. D’après un article du quotidien allemand Handelsblatt, le groupe doit encore réduire fortement ses coûts, au-delà des mesures déjà annoncées. Un exercice douloureux pour le premier constructeur automobile d’Europe.
Nuages sombres
Pourtant, il semblait que le CEO Oliver Blume avait la situation en main. Il y a un an et demi, il avait conclu un accord avec le syndicat IG Metall visant à éviter toute fermeture d’usine en Allemagne. Les licenciements contraints étaient écartés, et la restructuration devait se dérouler de manière « socialement responsable ».
Mais les remèdes ne fonctionnent pas, ou du moins pas assez vite. De nouveaux nuages sombres planent au-dessus des sites allemands du constructeur. Le plan d’économies actualisé, nettement plus strict, ne peut plus garantir que des fermetures seront évitées.
En coulisses, au siège de Wolfsburg, la pression monte. Les ventes en Chine, longtemps moteur des profits du groupe, s’essoufflent. Volkswagen y est dépassé par Geely et BYD, et dans la catégorie électrique, même Toyota fait actuellement mieux en République populaire. Dans le même temps, les marques chinoises inondent le marché européen de modèles électriques à prix serrés, une stratégie que Volkswagen ne commence à adopter que cette année. Ajoutez à cela les droits de douane américains, et le groupe se retrouve confronté à un bouleversement mondial du marché automobile, dont l’onde de choc s’amplifie au lieu de s’atténuer.
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Nouveau plan
Toujours selon Handelsblatt, Oliver Blume et le directeur financier Arno Antlitz ont présenté mi-janvier à Berlin un nouveau plan aux 120 principaux managers du groupe. L’ambition est considérable : d’ici fin 2028, les coûts devront baisser de 20 % sur l’ensemble des marques. En interne, il aurait été question d’une « urgence brûlante » pour restaurer la rentabilité. Le seuil de rentabilité doit être abaissé, a-t-on insisté.
Concrètement, les implications restent floues pour l’instant. Officiellement, Volkswagen garde le silence jusqu’à la publication des résultats annuels, prévue le 10 mars. Un porte-parole confirme toutefois que le groupe a déjà réalisé plusieurs milliards d’euros d’économies, ce qui lui a permis d’absorber les vents contraires géopolitiques. Néanmoins, des fermetures d’usines seraient de nouveau envisagées. Un sujet particulièrement sensible, d’autant que Volkswagen a récemment fermé à Dresde, pour la première fois en 88 ans d’histoire, une usine sur son sol national en raison d’une demande insuffisante.
En contradiction avec l’accord
Le journal économique rapporte que les objectifs internes de réduction des coûts n’ont pas été atteints dans plusieurs usines allemandes. La première version du plan de sauvetage n’aurait donc fonctionné qu’à moitié. À Wolfsburg, Emden et Zwickau, le taux d’occupation et l’efficacité seraient en deçà des attentes. L’usine de véhicules utilitaires de Hanovre, où sont produits les Multivan et ID.Buzz, souffrirait également de coûts trop élevés.
Cette nouvelle offensive s’ajoute aux efforts précédents. La marque Volkswagen vise déjà une amélioration des bénéfices d’environ 11 milliards d’euros d’ici 2026, avec pour objectif une marge opérationnelle de 6,5 %.
Le syndicat rappelle pour sa part l’accord conclu en décembre 2024 : selon la représentante des salariés Daniela Cavallo, les fermetures et les licenciements forcés sont explicitement exclus des engagements pris. Mais cette promesse tiendra-t-elle si la tempête financière s’intensifie ?
La réponse devrait tomber en mars, lorsque Oliver Blume dévoilera ses plans au grand public.
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