Le chiffre fait mal : dès ce jeudi 12 mars 2026, le prix maximum du litre de Diesel B7 atteint 2,019 euros à la pompe belge, soit une hausse de 9,6 centimes en une seule journée selon le SPF Économie. Ces niveaux sont les plus élevés depuis octobre 2023 et ils sont la conséquence directe du conflit au Moyen-Orient qui a entraîné la fermeture effective du détroit d'Ormuz. Depuis le début des hostilités, le baril de brut a bondi de 30 % et le gaz naturel de près de 60%.
L'AIE sort l'artillerie lourde, mais...
Face à cette flambée, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a frappé fort ce mercredi en approuvant à l'unanimité le déblocage de 400 millions de barils de réserves stratégiques, soit plus du double qu’en 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine. Le chiffre impressionne, mais il faut le mettre en perspective : la planète consomme environ 106 millions de barils par jour.
Ces 400 millions représentent donc moins de quatre jours de consommation mondiale. L'objectif n'est pas tant de couvrir des semaines de pénurie que de combler le déficit de production actuel et, surtout, d'envoyer un signal fort aux marchés : les réserves existent et elles seront mobilisées. Mais, problème, les marchés ont toutefois anticipé l'annonce. Résultat : aucune détente sur les cours. Le Brent s'échangeait encore autour de 92 dollars mercredi en fin de journée, en hausse de plus de 5%.
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Ce que le gouvernement belge pourrait faire
La question qui agite désormais la classe politique belge est simple : faut-il intervenir pour protéger les ménages ? Rappelons que la France étudie un plafonnement des marges des distributeurs et que la Grèce, elle, l'a déjà décidé. Chez nous, plusieurs partis, dont Les Engagés, le CD&V et le PS, réclament des mesures. Le gouvernement, de son côté, dit surveiller la situation. Mais il n’agit pas.
Interrogés par Le Soir, plusieurs économistes ont détaillé les options disponibles et qui devraient selon eux être activées. Bruno Colmant plaide pour une activation du cliquet inversé, ce mécanisme qui réduit automatiquement les accises sur les carburants quand les cours montent ainsi que pour un report de la hausse des accises sur le gaz prévue en avril dans le cadre du tax shift. Par contre, l’économiste rejette l’idée d'un plafonnement des prix jugé irréaliste. Pour Philippe Defeyt, mieux vaut cibler les ménages les plus vulnérables par les revenus que par les prix pour éviter les effets d'aubaine qui avaient coûté plusieurs milliards à l'État.
On n'est pas en 2022 !
Il serait tentant de dresser un parallèle direct avec la crise énergétique de 2022. Mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, le pétrole atteint 90 dollars le baril contre un pic à 130 dollars en 2022. Les spécialistes ne croient actuellement pas à un choc inflationniste comparable à celui de 2022-2023 et ils s'opposent à une intervention publique qui n'inciterait pas les consommateurs à modifier leurs habitudes. Dans l’intervalle, les automobilistes vont devoir prendre leur mal en patience. Et passer à la caisse. Rappelons que des options existent. Les prix de l’électricité notamment restent actuellement stables, ce qui rend la voiture électrique nettement compétitive et certainement les modèles d’occasion qui se vendent à prix cassés.
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