Pas moins de 362 millions de litres d’essence ont été écoulés dans notre pays en mars 2026, premier mois du conflit au Moyen-Orient. C’est ce qui ressort des derniers chiffres du Service Public Fédéral (SPF) Économie.
Le SPF publie ces données depuis mars 2013 et il s’agit tout simplement du record depuis lors. Le bond est spectaculaire : à l’époque, la consommation mensuelle moyenne ne dépassait pas les 130 à 140 millions de litres. On parle donc ici d’un volume près de trois fois supérieur.
Voilà qui a de quoi surprendre, d’autant que ce constat vient contredire le lien habituel entre prix et consommation. Avec l’essor des voitures électriques, on aurait également pu s’attendre à une baisse de la consommation d’essence… Or, il n’en est rien.
Le tourisme à la pompe joue peut-être un rôle : dans les régions frontalières, des automobilistes, surtout néerlandais, viennent faire le plein à un tarif inférieur à celui pratiqué dans leur propre pays. Mais la hausse est trop structurelle et ne peut donc être justifiée par ce seul phénomène…
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Un record après l’autre
En avril, octobre et décembre 2025, alors qu’il n’était pas encore question de flambée des prix, les stations-service de notre pays avaient enregistré de nouveaux records de ventes ! La progression de la consommation se confirme donc année après année, avec pour seul recul celui du printemps 2020, lors du premier confinement lié au coronavirus.
Une autre explication se trouve du côté du marché du diesel, où la tendance s’est clairement inversée. La hausse des accises sur le diesel, combinée à la baisse de celles sur l’essence, provoque clairement un glissement dans la consommation. En outre, l’instauration des zones basses émissions et la réforme de la fiscalité automobile, toutes deux particulièrement sévères pour les voitures diesel, jouent également un rôle.
Cela se voit aussi sur le marché automobile : dominant jadis le marché, les voitures diesel sont aujourd’hui vendues de manière assez marginale. En 2018, 8 voitures neuves achetées sur 10 roulaient encore au diesel, contre… 3,1% en 2025 !
Le diesel reste toutefois le carburant le plus acheté dans notre pays, surtout via le secteur du transport. En mars 2026, il représentait 576 millions de litres ! Le pic de ces 13 dernières années remonte à mars 2017, avec un peu moins de 800 millions de litres.
Ce mois-là avait aussi constitué le record absolu des ventes de carburant en Belgique, avec 990 millions de litres ! Notons toutefois que le mois de mars dernier, avec 945 millions de litres, constitue l’un des pics de consommation.
Les prix observés en mars comptaient parmi les plus élevés jamais enregistrés, avec un prix maximum moyen de 1,76 euro pour un litre d’essence et de 2,05 euros pour le diesel. Seule l’année 2022, marquée par le début de l’invasion russe en Ukraine, avait connu des prix maximums moyens plus élevés.
À l’époque déjà, aucun effet visible ne s’était d’ailleurs manifesté dans les chiffres de consommation.
Une consommation d’électricité en baisse
Ce tableau ne cadre pas vraiment avec la transition énergétique en cours, pourtant indiscutable si l’on se penche sur le marché automobile… Jamais les Belges n’avaient acheté autant de voitures 100 % électriques qu’en 2025, avec quelque 144.000 exemplaires sur un total de 415.000, même si les motorisations essence classiques restent les plus populaires.
On pourrait dès lors penser que la consommation d’électricité augmente elle aussi, mais le gestionnaire du réseau Elia affirme le contraire ! En 2025, la consommation totale d’électricité a même diminué dans notre pays : avec 80 térawattheures (TWh), elle s’est établie à son deuxième niveau le plus bas en dix ans, après l’année 2023 !
Précisons qu’il s’agit ici de la consommation totale d’électricité du pays, et non uniquement de celle des véhicules, qu’il est impossible de mesurer avec exactitude…
Elia parle d’ailleurs d’un phénomène temporaire, dans l’attente de la poursuite de l’électrification de la société, tant pour la mobilité que pour le chauffage des bâtiments. Le gestionnaire du réseau pointe aussi le rôle possible de l’autoconsommation, c’est-à-dire l’électricité produite par des panneaux solaires et consommée directement, sans transiter par le réseau. Ce chiffre n’est pas mesurable non plus : il est donc calculé sur la base d’une estimation, qu’Elia juge trop conservatrice.
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