Au total, 80,1 térawattheures (TWh) d’électricité ont été consommés l’an dernier en Belgique, soit un peu plus de 80 milliards de kWh. C’est moins qu’en 2024, 2022 et les années précédentes. Au cours de la dernière décennie, seule l’année 2023 a affiché une consommation globale plus faible (78,9 TWh).
Un constat d’autant plus surprenant que le nombre de voitures électriques sur nos routes — toutes de grandes consommatrices d’électricité — augmente d’année en année. À la fin de l’année, on en comptait environ 450.000 (sur un total de 6,1 millions de voitures particulières), soit une fois et demie plus qu’un an plus tôt.
On pourrait donc s’attendre à une explosion de la consommation d’électricité, mais ce n’est manifestement pas le cas. Cela remet aussi en question la crainte selon laquelle le réseau électrique ne serait pas capable d’absorber l’arrivée massive des véhicules électriques.
Y a-t-il autre chose qui entre en jeu ?
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Phénomène temporaire, selon le gestionnaire du réseau
Selon Elia, il s’agit en tout cas d’un phénomène temporaire. Dans son rapport annuel, le gestionnaire de réseau indique qu’une forte hausse de la consommation est justement attendue dans les prochaines années, en raison de l’électrification de la société. Et cela ne concerne pas uniquement les voitures et autres moyens de transport, mais surtout le chauffage des habitations et des bâtiments via des pompes à chaleur.
Ce dernier point pèsera probablement encore plus lourd sur la consommation, puisqu’un logement moyennement isolé nécessite 75 à 100 kWh d’énergie pour être chauffé lors d’une journée d’hiver — soit l’équivalent de la capacité complète de la batterie d’une grande voiture électrique.
Malgré tout, l’impact apparemment limité du demi-million de voitures électriques en circulation reste remarquable.
Cela pourrait s’expliquer par une part relativement élevée d’autoconsommation : de nombreuses voitures sont rechargées en journée grâce à l’électricité produite par des panneaux solaires, à domicile ou sur le lieu de travail. Cette production est bien comptabilisée dans le total annuel, mais la quantité d’électricité qui reste, pour ainsi dire, « derrière le compteur » et ne transite pas par le réseau, n’est qu’estimée — avec un risque de sous-estimation de la réalité. Il en va de même pour l’électricité stockée dans des batteries domestiques et consommée localement.
Un autre facteur pouvant contribuer à la stabilisation de la consommation globale est la baisse de la demande industrielle. La crise dans le pôle pétrochimique du port d’Anvers, causée par les turbulences macro-économiques et la hausse des prix de l’énergie, freine notamment la consommation totale.
Du côté des ménages aussi, les prix élevés de l’énergie incitent probablement à réduire la consommation, indépendamment de l’électricité utilisée pour recharger une voiture électrique ou hybride rechargeable.
Davantage d’énergie renouvelable
Autre élément marquant du rapport annuel d’Elia : la forte hausse de la part des énergies renouvelables, combinaison de l’éolien et du solaire, dans le mix total. En 2025, celle-ci s’est élevée à 22,4 TWh.
L’année dernière ayant été particulièrement ensoleillée, cette part a nettement augmenté. L’augmentation de la capacité de production (10 % de plus qu’en 2024) y a également contribué. La production d’électricité solaire a pour la première fois dépassé les 10 TWh en 2025.
La production éolienne, en revanche, est restée stable : de nouvelles capacités ont bien été installées, mais une année relativement peu venteuse n’a pas permis de produire davantage d’énergie.
En raison de la fermeture de trois réacteurs nucléaires en 2025, la production nucléaire est tombée à 22,5 TWh, alors qu’elle atteignait encore 48 TWh en 2021.
Tarifs dynamiques
La croissance de la part du solaire dans la production totale a aussi un effet secondaire intéressant dont les conducteurs de véhicules électriques peuvent profiter. En 2025, le prix de l’électricité a été négatif pendant 6,1 % de l’année. Cela se produit surtout lorsque la production est élevée et la demande faible, comme durant les week-ends et les périodes de vacances estivales.
Pour les consommateurs, les prix ne deviennent toutefois négatifs que lorsqu’ils descendent suffisamment bas pour compenser aussi les taxes et frais de réseau. En pratique, cela ne représente donc pas réellement 6,1 % de l’année. Néanmoins, les détenteurs d’un contrat dynamique ont connu l’été dernier plusieurs moments où ils pouvaient littéralement gagner de l’argent en rechargeant leur voiture électrique.
Toujours plus de voitures électriques
Le nombre de voitures électriques dans notre pays se rapproche progressivement de la barre du demi-million.
Et cette tendance devrait s’accélérer : les VE représentent désormais plus d’un tiers des nouvelles immatriculations(en 2025). À ce rythme, plus d’un million de voitures sans moteur thermique circuleront sur nos routes d’ici 2030.
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