Que de nombreux acheteurs hésitent quant au meilleur type de motorisation est parfaitement logique. Le prix d’achat est certes clair, mais en ce qui concerne les coûts d’utilisation, c’est souvent le grand flou.
La consommation d’énergie – qu’il s’agisse d’électricité, d’essence ou de Diesel – en constitue la part la plus importante, et c’est précisément là qu’il est difficile de prévoir l’avenir. Une chose est sûre : les carburants fossiles vont devenir plus chers, en raison du système ETS2 de l’Union européenne, qui sera pleinement en vigueur à partir de 2027 et qui vise à financer la transition énergétique. Quant à l’évolution du prix du pétrole dans le contexte géopolitique actuel, elle reste imprévisible.
Même constat pour le prix de l’électricité, en partie lié au prix du gaz et utilisé par les pouvoirs publics comme levier de la transition énergétique. Pour encourager l’usage des pompes à chaleur pour le chauffage domestique, ce prix devrait en tout cas baisser. En revanche, l’évolution future de la TVA et des accises demeure incertaine.
Bref, trop d’inconnues pour un calcul parfaitement exact. Mais sur la base des chiffres actuels, il est néanmoins possible de répondre à la question : quelle motorisation est aujourd’hui la plus avantageuse lorsque l’on additionne prix d’achat et coûts d’utilisation ?
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Les chiffres
Les voitures électriques restent plus chères que leurs équivalents thermiques, même si l’écart se réduit. Si l’on compare par exemple la Volkswagen Golf la moins chère à son équivalent électrique, l’ID.3, la différence n’est plus que d’un peu plus de 2.000 euros. À l’inverse, le BMW iX1 électrique, très populaire dans les flottes d’entreprise, coûte environ 25% de plus que la version essence, en comparant à chaque fois les versions d’entrée de gamme.
Chaque voiture est différente, mais partons d’un surcoût de 5.000 euros : la version essence coûte 35.000 euros, la version électrique 40.000 euros. Pour les deux, nous retenons un usage annuel de 15.000 km, soit 75.000 km sur 5 ans, avec une consommation moyenne réaliste de 7 l/100 km et 17 kWh/100 km respectivement.
Aux prix moyens actuels de l’essence et de l’électricité, la première revient à 8.242,50 euros de carburant sur 5 ans, contre 3.825 euros pour la seconde. Soit une différence de plus de 4.400 euros en faveur de la voiture électrique — quasiment l’intégralité du surcoût initial dans cet exemple hypothétique.
Le point d’équilibre se situe ici autour de 85.000 kilomètres. À partir de ce seuil, l’EV commence à compenser son prix d’achat plus élevé grâce à un coût énergétique inférieur.
Important : ce calcul repose sur des tarifs d’électricité pour une recharge à domicile. La recharge sur borne publique est généralement plus chère, et la recharge rapide peut facilement coûter le double, voire plus. Toutefois, peu d’utilisateurs roulent majoritairement en recharge rapide. Les panneaux solaires n’ont pas été pris en compte, mais ils peuvent évidemment réduire encore davantage le coût de l’électricité.
Autres facteurs
En réalité, le point d’équilibre arrive souvent encore plus tôt, car il faudrait aussi tenir compte des taxes de circulation, des coûts d’entretien et des primes d’assurance.
Tracer une ligne claire est toutefois très difficile, car ces éléments varient selon les marques et les régions. Certaines tendances se dégagent néanmoins.
En Flandre, les propriétaires de voitures électriques ne paient tout simplement aucune taxe, ni à l’immatriculation ni annuellement. À Bruxelles aussi, les montants restent faibles. En Wallonie, la situation est différente : le poids du véhicule intervient dans la TMC (taxe de mise en circulation). Pour les modèles plus lourds, cela peut faire grimper la facture, même si elle reste généralement inférieure à celle d’un véhicule thermique comparable.
Les coûts d’entretien sont en règle générale plus bas pour une voiture électrique, la chaîne de traction étant quasiment sans entretien. En revanche, les pneus peuvent s’user plus rapidement, les EV étant souvent plus lourdes.
À l’inverse, l’assurance est généralement plus chère pour une voiture électrique. Cela s’explique par un prix d’achat plus élevé, mais aussi par des coûts de réparation supérieurs. En cas d’impact important, une EV sera plus rapidement déclarée perte totale, surtout si la sécurité de la batterie est remise en question. Cela se traduit par des primes plus élevées. Là encore, trop de variables empêchent une conclusion définitive.
Conclusion
En principe, le surcoût d’une voiture électrique par rapport à un modèle essence comparable est amorti entre 50.000 et 100.000 km. Le moment exact dépend du modèle et du profil d’utilisation.
Sauf si la voiture est utilisée très rarement et principalement pour de courts trajets — où les coûts fixes pèsent davantage —, c’est surtout le coût de l’énergie qui fait la différence. Celui-ci est aujourd’hui environ deux fois inférieur pour une voiture électrique moyenne que pour une voiture essence classique, sur la base des tarifs actuels. Les taxes, l’entretien et l’assurance jouent finalement un rôle secondaire.
À noter enfin que sur le marché de l’occasion, le calcul est différent : récemment, les voitures électriques y sont souvent proposées à un prix d’achat inférieur à celui de modèles thermiques comparables.
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