Le patron d'Aramco ne fait pas dans la nuance. Amin Nasser, qui est à la tête de la première compagnie pétrolière au monde, s'est exprimé cette semaine devant ses investisseurs avec beaucoup de transparence. Et de brutalité. Les chocs pétroliers de 1973, de 1979, la flambée de 2022 sont pour lui des épisodes mineurs. La crise qui s’est ouverte le 28 février les éclipse totalement. Car depuis le blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz par lequel transite un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, le marché n'a pas retrouvé son équilibre. Le baril de Brent oscille autour des 100 dollars depuis deux mois et il a même connu des pointes à 125 dollars fin avril. Pour rappel, en janvier, il était à 61 dollars. Le bon atteint donc les 70 % en quatre mois.
Disruption to oil exports via the Strait of Hormuz is threatening to delay the market’s return to normal until 2027, Saudi Aramco CEO Amin Nasser warns.https://t.co/wHl41uxrTg
— Al Arabiya English (@AlArabiya_Eng) May 12, 2026
Le sourire d'Amin Nasser
La production mondiale de pétrole est tombée de 108,6 millions de barils par jour avant la guerre à 95 millions aujourd'hui. C’est 12,5 % de l'offre mondiale qui s’est envolée. Et l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) a publié d’autres chiffres cette semaine : les stocks mondiaux ont fondu de 250 millions de barils entre mars et avril, à un rythme de 4 millions de barils par jour. L'AIE parle de « rythme record ».
Oil inventories are falling around the world at a record pace and will continue to drop for months due to the disruption to Middle East supplies, according to the International Energy Agency https://t.co/FhhtI8GHL1
— Bloomberg (@business) May 13, 2026
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Dans le scénario le plus optimiste qui table sur une réouverture progressive d'Ormuz dès juin, les marchés resteraient en déficit jusqu'au dernier trimestre de l'année. L'AIE avertit qu'une nouvelle volatilité des prix « semble probable à l'approche de la période de pointe de la demande estivale ». C'est-à-dire maintenant. Mais Amin Nasser est encore plus sévère : si Ormuz tarde encore quelques semaines à s'ouvrir, le retour à la normale ne doit pas être attendu avant 2027.
Bien sûr, si cette situation est dramatique pour les consommateurs, Amin Nasser affiche, lui, un grand sourire. Car la crise est lucrative pour lui : Aramco dispose d'un oléoduc est-ouest qui contourne le détroit et ravitaille directement la mer Rouge.
Des effets pour les Belges
En Belgique, les effets sont malheureusement palpables depuis plusieurs semaines. Le Diesel est reparti à la hausse ce jeudi : 2,178 euros/l, contre environ 1,68 euro en janvier. Un plein de 60 litres coûte aujourd'hui quelque 130 euros, soit 30 euros de plus qu'en début d'année.
Les vacances s’annoncent plus douloureuses pour le budget des consommateurs belges. Un aller-retour vers le sud de la France, à 2.200 km dans un Diesel moyen consommant 7 l/100 km (réalise lorsqu’on est chargé avec un coffre de toit), dépasse les 335 euros rien qu'en carburant, contre 260 euros en janvier. Près de 80 euros de plus pour les mêmes kilomètres. Et si le baril repasse les 125 dollars, comme fin avril, ce même trajet frôlerait alors les 360 euros.
En essence, la note est forcément encore plus lourde : même trajet avec 9 l/100 km, c'est 390 euros aujourd'hui contre 307 euros en janvier. Donc près de 85 euros de plus. Et avec un baril à 125 dollars, on serait alors à 420 euros.
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