Oldtimer de la semaine : la Citroën Méhari, un vrai produit de saison !

S’il y a bien une automobile qui semble en parfaite adéquation avec la météo estivale du moment, c’est la Citroën Méhari, adepte de l’effeuillage quasi intégral !

Publié le 12 août 2026
Temps de lecture : 6 min

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Oldtimer de la semaine : la Citroën Méhari, un vrai produit de saison !

C’était il y a une quinzaine d’années environ : votre serviteur était invité par Citroën à essayer quelques modèles classiques autour d’un petit circuit. Au menu, divers modèles emblématiques de la marque : une Traction, une DS, une 2CV, une SM et… une Méhari. Si ses sœurs sortaient clairement de l’ordinaire automobile, et c’est peu de le dire, la Méhari n’en restait pas moins la plus insolite de la bande ! En matière de dépouillement automobile, il est difficile de faire mieux… ou pire ! Et pourtant, c’est aussi génial qu’épouvantable… On vous dit pourquoi !

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Une icône de la mode ? Accidentellement !

La Méhari, on l’imagine volontiers en bord de mer ou garée négligemment devant une terrasse de Saint-Tropez. Bref, un engin solidement connoté « bobo » ! Pourtant, l’idée de base n’était pas d’en faire un accessoire de riche… L’histoire commence même loin des bureaux du quai de Javel ! En effet, derrière la Méhari, il y a Roland de La Poype, un sacré bonhomme : pilote de chasse durant la guerre, pionnier de la plasturgie, inventeur du berlingot DOP (un emballage plastique du début des années 50) et futur fondateur du parc Marineland à Antibes. Un CV joyeusement improbable pour un homme qui voulait, au départ, simplement vendre un kit à monter soi-même baptisé Donkey. Il présente son prototype à Pierre Bercot, président de Citroën, qui décide, contre toute attente, d’intégrer l’engin à la gamme !

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Le produit final est dévoilé le 16 mai 1968 sur le golf de Deauville… en plein mouvement de contestation étudiante ! Autant dire que le pays avait la tête ailleurs… Baptisée Dyane 6 Méhari à ses débuts, elle repose sur une plateforme de Dyane 6, embarque un bicylindre à plat de 602 cm³ et de moins de 30 chevaux et reçoit une carrosserie en plastique ABS teinté dans la masse, pouvant être nettoyée au jet d’eau. Le nom ? Celui d’un dromadaire de course. Vous apprécierez l’image…

Un jouet de plage ?

Certains y voient donc une mécanique de 2CV, associée à un embryon de carrosserie en plastique et surmontée d’un toit qui doit davantage au camping qu’à la capote d’un cabriolet traditionnel. Et pourtant, contrairement à de nombreuses voitures qui s’embourgeoisent au fil des années, la Méhari reste globalement inchangée durant sa très longue carrière, qui l’emmena jusqu’en 1987. Petite parenthèse : sur les 144.953 exemplaires, une large part fut assemblée dans l’usine Citroën de Forest, en Belgique !

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Une évolution notable est à signaler : en 1979, Citroën pousse le concept nettement plus loin avec une véritable version 4x4. Contrairement à la rarissime 2CV Sahara et ses deux moteurs, la Méhari 4x4 conserve un seul bicylindre, mais reçoit une transmission intégrale sophistiquée, une boîte à rapports courts et quatre freins à disque ! Excellente franchisseuse, elle ne connaîtra toutefois pas le succès : un peu plus de 1.200 exemplaires seront produits jusqu’en 1983. Aujourd’hui, c’est le Graal de la famille !

Pas pour tout le monde

À conduire, la Méhari rappelle forcément la 2CV… C’est globalement le même bicylindre, la même boîte et les mêmes trains roulants. Mais les sensations sont décuplées par l’absence de poids (525 kg sur la bascule) et de protection : le bicylindre, très vocal, affiche une pêche qu’on ne lui connaissait pas, tandis qu’à « haute » vitesse (c’est très relatif), c’est un ouragan qui envahit l’habitacle ! Si vous désirez en rajouter une couche et manger des moustiques, il est même possible de rabattre le pare-brise !

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Quant à la capote, une fois en place, elle participe au tintamarre ambiant, avec des claquements divers et variés. Bref, ce n’est pas l’engin idéal pour de longues distances, d’autant que la position de conduite est absolument abjecte pour les grands gabarits. Et pourtant… Qu’est-ce qu’on se marre à bord de cet engin complètement lunaire, capable d’absorber les pires revêtements et de prendre un gîte de voilier dans les courbes !

Bon à savoir avant d’acheter

Vous pensiez échapper à la rouille grâce à la carrosserie en plastique ? Raté ! Certes, les panneaux en ABS ne se corrodent pas, mais le châssis métallique caché en dessous peut être sérieusement attaqué. Il faut donc inspecter minutieusement la plate-forme, les soubassements et la structure tubulaire qui soutient la carrosserie. Un châssis très rouillé peut parfaitement se remplacer, car les pièces sont refabriquées, mais l’opération exige de démonter une grande partie de la voiture. Et le plastique ? C’est fantastique ? Pas tant que ça, car il vieillit, surtout s’il a été exposé aux UV : il peut alors perdre sa couleur, durcir, se fissurer ou devenir cassant.

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La mécanique, en revanche, ne pose aucun problème. Le bicylindre est archiconnu, assez robuste et très simple à entretenir. Et comme toutes les pièces se trouvent, vous n’avez aucune excuse pour ne pas mettre vous-même les mains dans le cambouis !

Combien ?

Le cœur du marché semble se situer autour de 13.000 à 23.000 euros pour un exemplaire utilisable et bien présenté. Les restaurations complètes, les versions spéciales Azur et surtout les rarissimes 4x4 peuvent réclamer nettement plus ! Oui, ça fait très cher pour une voiture qui ne sera utilisée qu’épisodiquement, on est d’accord. Mais à l’usage et à l’entretien, la Méhari est nettement plus douce pour vos finances !

On craque ?

Évidemment, payer près de 20.000 euros pour une boîte en plastique animée par un moteur de 2CV et qui ne sera probablement utilisée que trois mois par an peut sembler franchement délirant. Mais si je passe mon tour, c’est aussi parce que la position de conduite n’est absolument pas adaptée à mon gabarit… En revanche, si vous êtes à l’aise aux commandes et disposez d’un pied-à-terre dans le Sud, on ne connaît pas beaucoup d’engins aussi rigolos que celui-ci !

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Par François Piette Rédacteur automobile

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