J’avoue que j’ai toujours eu du mal à cerner complètement la Citroën DS : une allure de soucoupe volante, un improbable confort de tapis volant, une ergonomie futuriste mais, sous le capot… un vil tournebroche hérité de la Traction ! En effet, si un 6 cylindres à plat fut un temps envisagé, la Citroën DS a fait toute sa carrière avec un vulgaire 4 cylindres culbuté qui, dans le meilleur des cas, frôlait les 130 chevaux. Face à une concurrence allemande toujours plus musclée et, surtout, face à la technologie embarquée, Citroën pouvait (et devait…) clairement mieux faire…
C’est alors qu’à la fin des années 60, le prolifique bureau d’études de la marque planche sur une « Super DS », un coupé de prestige autrement plus performant. Et tout s’accélère dès 1968, lorsque la firme aux chevrons rachète… Maserati ! La carrosserie est signée Robert Opron, l’hydraulique est en grande partie reprise de la DS et le moteur est fourni par Maserati, qui développe un V6 spécifique.
Une usine à gaz !
Sur le papier, tout y est. En pratique, c’est une improbable usine à gaz, complètement décalée : de son design lunaire à sa voie arrière très étroite, en passant par la sellerie et… la direction DIRAVI, à rappel asservi à la vitesse, la SM sort complètement du cadre. Aujourd’hui comme en 1970, année de sa sortie ! Hélas, le choc pétrolier eut raison de sa carrière, abrégée en 1975 après moins de 13.000 exemplaires...
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À conduire, est-ce vraiment magique ?
Curieusement, le V6 Maserati n’est pas le point fort de l’auto : sa musique est agréable, mais on cherche les 170 chevaux annoncés. En revanche, la boîte est un régal de douceur ! Pour le reste, c’est franchement déroutant : la direction est hyper directe et revient automatiquement au centre, le « champignon » de frein est brutal si l’on y va avec autre chose que le petit orteil, le confort flottant peut donner le mal de mer, la stabilité est celle d’un porte-avions et l’ergonomie est tout bonnement fantasque ! En revanche, la voiture est une formidable autoroutière, avec beaucoup de place à bord et un joli coffre…
Quelle version choisir ?
Il y a grosso modo trois écoles. La première, c’est la SM 2,7 litres à carburateurs, celle qui chante le mieux, même si les carbus demandent de fins réglages. Très sympa.
À partir de 1973, la SM passe à l’injection : le moteur gagne en puissance, de 170 à environ 178 chevaux, et devient plus onctueux. Mais attention à la note s’il faut remettre l’injection en état !
La dernière, et c’est aussi la moins prisée, c’est la version 3 litres, forte de 180 chevaux, généralement associée à une boîte automatique Borg-Warner à 3 rapports. On évitera cette dernière, nettement moins recherchée, ainsi que les versions américaines, dépourvues de verrière à l’avant. On passera rapidement sur les carrosseries spéciales, notamment celles signées Chapron, car elles sont aussi rares que chères !
Bon à savoir avant d’acheter
Alors, est-elle réellement ruineuse ? Désolé pour la réponse de Normand, mais tout dépendra de la voiture que vous convoitez ! Une bonne SM, restaurée dans les règles de l’art, c’est fiable, mais ça coûte une fortune, avec des prix approchant les 100.000 euros. Le gros du marché se situe plutôt à la moitié de cette somme, entre 40.000 et 55.000 euros, avec une légère tendance à la baisse.
Le premier point d’attention, c’est le V6 Maserati, à la réputation sulfureuse. L’entretien est primordial sur ces mécaniques de pointe, dotées de 4 arbres à cames ! On vérifiera en priorité les chaînes de distribution, les tendeurs et le circuit de refroidissement. Certains spécialistes savent fiabiliser ce moteur, mais il faut des factures !
L’hydraulique peut faire peur, mais il ne faut pas paniquer bêtement. Le système est connu, les pièces existent, mais tout doit fonctionner correctement ! Enfin, la corrosion est un cancer qui se propage rapidement et dont il faut se méfier, y compris si la peinture est rutilante.
On craque ?
C’est un budget, le risque de tomber sur un gouffre financier est bien réel et la conduite ne conviendra certainement pas à tous les styles. Bref, les « warnings » sont énormes ! Ceci étant dit, la Citroën SM est absolument unique en son genre. Entre nous, on avoue avoir un petit faible pour la SM2, un restomod fiabilisé sur base de SM… et qui délivre réellement 170 chevaux !
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