L'essentiel
La vignette routière belge se précise à la faveur d'une question parlementaire, qui lève le flou sur deux craintes des automobilistes.
Entièrement numérique et liée à la plaque, elle restera accessible sans smartphone, via des canaux qu'il reste à arrêter entre les trois Régions.
Une vignette unique couvrira tous les réseaux régionaux, mais le dispositif attend encore le feu vert de la Commission européenne.
Un dossier de l’ampleur de la vignette routière belge avance rarement en quelques semaines. Il progresse donc par petites touches, au gré des questions parlementaires qui obligent le gouvernement à sortir du flou et à préciser le cadre et les intentions. C'est exactement ce qui vient de se passer et le ministre de la Mobilité wallon François Desquesnes (Les Engagés) a été interrogé par le député Stéphane Hazée (Ecolo) quoi a mis sur la table deux aspects que beaucoup d'automobilistes redoutaient : l'accès au dispositif pour les moins à l'aise avec le numérique et la crainte de devoir composer avec trois réglementations différentes selon la région traversée. Les réponses ont été données.
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Pas besoin d'un smartphone
Le principe est établi et il ne changera pas : la vignette sera entièrement dématérialisée et liée à la plaque d’immatriculation. Il n’y aura donc pas d’autocollant à coller sur le pare-brise. Mais numérique ne veut pas dire réservé aux initiés du web. Selon le ministre, des canaux alternatifs sont prévus pour éviter toute fracture numérique.
Concrètement, on pourra acheter sa vignette en ligne, mais aussi dans des points de vente physiques ou via un centre d'appels. De quoi permettre à chacun de se mettre en règle, qu'on jongle avec les applications ou qu'on préfère le guichet. Cela dit, pour les centres d’appels, il faudra bien évidemment faire attention aux arnaques qui pullulent ces derniers temps. Aucun citoyen ne passe à côté des tentatives en tous genres. La France et l’Allemagne sont d’ailleurs régulièrement confrontées à des faux numéros ou services qui annoncent aussi procurer les vignettes des LEZ, mais ce n’est pas le cas. Sur ce point, les gouvernements régionaux devront certainement lancer des campagnes de sensibilisation.
Cela dit, la précision est importante, car une partie non négligeable des automobilistes belges, souvent les plus âgés, reste encore à distance des outils numériques. En prévoyant un point de vente physique et une ligne téléphonique, les autorités ferment au moins cette porte-là. Reste que ces modalités sont encore en cours de finalisation entre les trois Régions. Rien n'est donc totalement verrouillé. On ose espérer un centre d’appel commun par exemple par souci d’efficacité et d’économies...
Le citoyen responsable
Un point mérite malgré tout rappelé, car on l'oublie vite. Cette vignette, personne ne viendra la chercher à votre place. Contrairement à la taxe de circulation, aucune administration ne l'enverra automatiquement en début d'année. Ce sera à l'automobiliste de faire la démarche, en ligne, au guichet ou par téléphone. Le canal importe peu. L'oubli, lui, se paiera : 70 euros d’amende au premier oubli (plus de prix de la vignette) et 210 euros au troisième (plus la vignette à nouveau). Dissuasif.
D'un projet régional à une taxe nationale
L'autre inquiétude touchait à la mécanique fédérale belge, cette manie bien de chez nous de multiplier les régimes et les exceptions selon qu'on roule au nord, au sud ou dans la capitale. Là aussi, le ministre a voulu rassurer. Une seule vignette donnera accès à l'ensemble des réseaux régionaux couverts par le système.
Il faut d’ailleurs mesurer le chemin parcouru. Car au départ, la vignette n'avait rien de national. Chaque Région gère ses propres routes et le projet est né d'initiatives séparées. Heureusement peut-on dire, le ralliement de Bruxelles a rebattu les cartes et évité qu’on ne bascule dans des exceptions régionales, ce qui aurait été une fois de plus un non-sens. Ce qui signifie aussi sur le papier que la Belgique se dote d'une taxe routière nationale sans jamais avoir eu à la fédéraliser. Et comme on le sait, on peut la considérer comme un nouvel impôt, car en Flandre, cette vignette ne sera pas neutre, notamment pour les conducteurs de voitures électriques.
Le flou des voiries
Tout n'est pas encore clair pour autant. Car la réponse procurée ici ne donne toujours pas la liste précise des routes soumises à la vignette. On sait qu'elle visera les autoroutes et les grands axes régionaux, mais le périmètre exact reste à fixer définitivement par les trois gouvernements. Pour un dispositif censé entrer en vigueur au 1er mai 2027, avec une mise en vente dès le 1er mars, il va falloir avancer.
Et par-dessus tout, le dispositif devra encore être validé par la Commission européenne qui avait retoqué la vignette allemande en 2019 pour discrimination envers les conducteurs étrangers. Aucune date n'accompagne cet examen. Tant que Bruxelles, au sens européen cette fois, n'aura pas donné son feu vert, ces belles avancées restent suspendues à une décision dont personne ne connaît l'échéance.
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