En Belgique, plus d'une voiture neuve sur deux est désormais électrifiée, mais c'est l'occasion qui fait tourner le marché, avec 61% des immatriculations. Et sur le marché de la seconde main, il y a un autre retournement qui est en train de se produire : au cours du premier semestre de 2026, les immatriculations d'électriques ont bondi de plus de 45 % sur un an, selon Traxio. Cela dit, l'acheteur garde pourtant un réflexe tenace : il redoute les kilométrages élevés et voit dans une voiture qui a déjà beaucoup roulé une mécanique en bout de course. Est-ce fondé ? Apparemment pas, car une étude britannique vient de déconstruire cette certitude.
L'organisme New AutoMotive a passé au crible 47,4 millions de contrôles techniques réalisés entre juillet 2024 et juillet 2026. Il a mené ce travail pour le compte de la BVRLA, la fédération des loueurs et sociétés de leasing britanniques. Et il ne s'est pas arrêté là, puisque 863 millions de tests plus anciens sont venus étayer l'analyse.
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Que faut-il en retenir ? Qu’à faible kilométrage, entre 32.000 et 64.000 km, les deux types de motorisation font jeu égal, avec 12 % d'échec pour les électriques contre 11,7 % pour l'essence. C’est bonnet blanc et blanc bonnet. Mais à partir d'environ 96.000 km (soit 60.000 miles), le taux d'échec des électriques se stabilise autour de 16 % alors que celui des essence et des Diesel continue de grimper. Sur les voitures de 3 à 8 ans affichant entre 145.000 et 193.000 km, on constate que 22,1% des essence sont recalées contre 16,5 % des électriques. Ça signifie donc que le risque a été réduit de 25 %.
Le moteur simple gagne
Selon l’étude, une fois qu’une mécanique thermique a passé un certain âge, elle multiplie les points faibles là où un groupe motopropulseur électrique s’avère plus fiable. Cela provient du fait que ce dernier aligne moins de pièces susceptibles de lâcher. C'est l'explication que retiennent les chercheurs.
Mais encore fallait-il neutraliser un biais de comparaison. Les électriques roulent souvent plus lors de leurs premières années parce qu’elles les passent dans des flottes d'entreprise. Pour comparer ce qui est comparable, New AutoMotive a retenu neuf paires de modèles jumeaux. Le principe est simple : on prend une même voiture vendue en deux versions, l'une à essence, l'autre électrique, comme la Hyundai Kona et la Kona Electric. Seule la motorisation change. À âge et à kilométrage égaux, l'électrique garde l'avantage.
Le freinage régénératif offre une bonne illustration de cet avantage. Ce système épargne les freins des électriques qui roulent beaucoup. Au-delà de 145.000 km, celles-ci n'accusent que 2,2 défauts de freinage pour 100 contrôles, contre 6,5 pour l'essence. Cela dit, d’autres postes racontent une histoire moins favorable. Et on y vient.
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Tout n'est pas rose
Toutefois, ce serait aller un peu vite en besogne que de dire qu’une voiture électrique d'occasion se choisit les yeux fermés. Car le contrôle technique ne mesure pas la santé de la batterie, l'organe le plus coûteux de la voiture. Et là, il n’y a aucune mesure de fiabilité, même si les dernières études en la matière donnent à penser que les packs résistent bien au vieillissement.
Ensuite, il y a les pneus qui souffrent davantage. Sur ce point, les électriques affichent 1,8 fois plus de défauts que les essence en raison de leur poids et du couple élevé immédiatement disponible. Par ailleurs, et comme on l’a déjà soulevé, les électriques qui roulent peu rencontrent des problèmes de freins. Trop peu sollicités, ceux-ci voient leurs composants (disques, plaquettes, étriers) rouiller. Pour la BVRLA, si un kilométrage élevé ne doit plus condamner un achat, il faut rester vigilant quant à l'historique d’une électrique et vérifier pneus et batterie.
Une aubaine belge ?
Ce genre d’étude reste intéressant. D'autant plus que le marché belge offre en ce moment un terrain idéal pour en profiter. Les flottes de leasing renouvellent leurs véhicules et déversent sur l'occasion des électriques encore jeunes, dont les valeurs résiduelles restent basses. La FEBIAC reconnaît elle-même que ces voitures se négocient à des prix défiant toute concurrence. L'acheteur belge tenté par une berline électrique de seconde main affichant 120.000 km tenait là son principal motif d'hésitation. Il peut donc dormir tranquille, mais à condition de vérifier les organes vitaux.
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