Une réparation de voiture électrique après accident revient en moyenne 19 % plus chère que la même intervention sur un modèle essence ou Diesel. Voilà le chiffre dégagé par AX, un gestionnaire britannique de sinistres de flotte, qui a analysé plus de 40.000 accidents traités par son réseau de réparateurs entre mars 2025 et février 2026. Les données sont donc très récentes. Attention qu’on ne parle pas ici de réparation suite à une panne ou du prix des entretiens, mais bien d’une réparation après un accident qui n’a pas engagé pas la responsabilité du conducteur. Ce sont deux choses très différentes.
Trois chiffres parlants
Concrètement, remettre en état un véhicule électrique accidenté coûte en moyenne 6.363 £ (soit environ 7.387 euros) contre 5.338 £ (environ 6.196 euros) pour un modèle thermique. L'immobilisation, elle, atteint 25 jours côté électrique, contre 23 pour l'essence et le Diesel. Pour ne pas s'y perdre, AX a condensé coût et durée dans un seul indicateur maison, l'AX Repair Index. Et c'est là que ça devient intéressant.
Plutôt que de jongler avec plusieurs pourcentages, le gestionnaire a posé le thermique comme étalon et lui a attribué la valeur de référence 100. Tout ce qui dépasse ce seuil traduit une charge de réparation plus lourde, coût et durée d'immobilisation confondus dans un seul nombre. Le véhicule électrique, lui, affiche un indice de 114. Autrement dit, à chaque passage à l'atelier, il pèse en moyenne 14 % de plus sur le processus de réparation que son équivalent à carburant.
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Le poids des capteurs
Reste à comprendre d'où vient ce surcoût de 19 %. Une partie de la réponse tient au prix des pièces, plus élevé sur l'électrique. Mais AX pointe surtout un facteur que le grand public sous-estime : la calibration. En effet, les voitures récentes, électriques en tête, sont truffées de capteurs et de caméras qui pilotent les aides à la conduite, du freinage d'urgence au maintien dans la voie. Or dès qu'on touche à la carrosserie, ces systèmes doivent être recalibrés avec précision pour continuer à fonctionner. Ajoutez une main-d'œuvre titulaire d'une habilitation haute tension et la facture grimpe sans qu'aucune réparation complexe ne soit en jeu. Le surcoût se trouve donc dans l’invisible.
Deux fois moins fragile ?
L’étude AX porte donc sur la carrosserie. Mais qu’en est-il de la fiabilité ? La réponse nous est donnée avec un autre travail de recherche, celui de l’ADAC. En s'appuyant sur 3,6 millions d'interventions de dépannage, le club relève 4,2 pannes pour 1.000 véhicules électriques immatriculés entre 2020 et 2022, contre 10,4 pour les thermiques de la même période. L'électrique tombe donc en panne près de deux fois et demie moins souvent. Et ça s’explique : mécaniquement, il y a moins de choses à casser puisqu’il n’y a pas d'embrayage, pas de courroie et pas d'échappement, notamment. Aussi curieux que celui puisse paraître, la plus grande faiblesse des voitures électriques est la même que pour les thermiques : la batterie 12 volts. Celle-ci est responsable de près de la moitié des pannes, quelle que soit la motorisation.
Il y a donc un vrai paradoxe : on répare les voitures électriques moins souvent, mais ça coûte donc plus cher quand l'accident s'en mêle. Mais rien n’est définitif. Car AX observe que l'écart diminue au fur et à mesure que les ateliers montent en compétence. Pour AX, la voiture électrique est encore une technologie jeune et elle est confrontée à un écosystème de réparation encore en phase de rattrapage. L'addition d'aujourd'hui n'est donc pas forcément celle de demain. À suivre.
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