Selon une étude, les constructeurs chinois occuperont un tiers du marché automobile européen d’ici à 2030. Une position encore plus évidente si on anticipe l’explosion des voitures électriques qui sont de plus en plus demandées et pour lesquelles les Chinois disposent d’une avancée technologique considérable, mais aussi de coûts maîtrisés pour les batteries.
Cela dit, il n’y a pas que les voitures électriques chinoises qui performent. En effet, les modèles thermiques sont eux aussi très demandés. Et ceux-là sont d’ailleurs pressentis pour peser pour une immatriculation sur cinq. Toute la question est de savoir si cette tendance peut encore aujourd’hui être inversée ?
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Deux fois plus qu'aujourd'hui
Ces projections proviennent d'une analyse signée par les analystes de Reuters. Celle-ci avance que les marques chinoises pourraient revendiquer, d'ici la fin de la décennie, plus de 20 % du marché européen des voitures particulières. Au sein des segments de véhicules entièrement électriques, cette proportion pourrait grimper jusqu'à 29 %. C'est deux fois plus qu’actuellement – soit 9,5 % selon Automotive News Europe et 14,2 % sur le marché des voitures électriques. Ce qu’il y a de particulier, c’est la vitesse à laquelle les Chinois progressent. Il faut se souvenir en effet qu’il y a cinq ans, les constructeurs chinois n’avaient encore conquis qu'un demi pour cent de part de marché.
Si les Chinois sont de plus en plus populaires, ce n’est pas dû à un changement culturel où les premium allemands seraient délaissés pour les voitures orientales. La cause principale tient en fait dans le fait que les fabricants chinois ont trouvé un point faible précis du marché européen : celui de la voiture électrique abordable. Alors que les marques européennes positionnent leurs modèles électriques comme des haut de gamme, des marques comme BYD, Zeekr, Xpeng et Leapmotor visent le segment intermédiaire et d'entrée de gamme. Et c’est bien là que la demande est la plus forte. Or l’offre reste encore trop limitée.
Surplus de production
Cela dit, l’Europe tente de réagir : Volkswagen avec l'ID.Cross, Dacia avec sa nouvelle Spring, Cupra avec la Raval et Renault avec la Twingo. Nos marques locales misent désormais elles aussi sur des modèles plus petits et plus accessibles. Mais ceux-ci sont flambant neufs et doivent encore faire leurs preuves. Or, l’étude tient assez peu compte des chances de cette nouvelle génération de véhicules européens.
Il est clair que les droits de douane européens sur les voitures électriques chinoises n’ont pas entièrement démontré leurs effets de protection. Et ils seront d’ailleurs de moins en moins efficaces avec l’implantation d’usines de production chinoises sur le vieux continent. Par ailleurs, certaines marques, dont Zeekr, ont décidé de rendre leur stratégie tarifaire européenne plus agressive, sans sacrifier leurs marges bénéficiaires. Le surplus de production chinois que l'Europe accueille est responsable de cette pression sur les prix. Résultat : les modèles chinois sont entre 5 et 25 % moins cher que les modèles européens comparables.
Marché domestique en berne
À l'inverse, les marques occidentales rencontrent des difficultés sur le marché chinois. Au total, leurs parts de marché se sont effondrées de 30 %, ce qui représente une saignée dans leurs bénéfices. Cela dit, le manque de confiances des consommateurs sur l’avenir économique et la réduction des subventions entraînent une contraction du marché. Et les marques chinoises le ressentent elles aussi. À domicile, les ventes des constructeurs chinois se contractent aussi – parfois de plus de 20 % –, ce qui fait que les marchés étrangers deviennent encore plus importants pour maintenir les usines en activité. C’est un peu comme si Ryanair avait débarqué en automobile..
Pour le consommateur belge, la progression chinoise semble favorable à court terme. Car plus de concurrence, ça signifie des prix plus bas, des cycles d'innovation plus courts et plus de choix dans le segment électrique. La question est de savoir ce qui se passera si les constructeurs européens ne parviennent pas à égaler les performances chinoises. Si ce n’est pas le cas, la liste des fermetures d’usine pourrait bien s’allonger encore.
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