Les voitures chinoises ont le vent en poupe. Au mois d'août, elles ont même battu des records de vente et spécialement les modèles hybrides rechargeables. Aujourd’hui, une voiture vendue en Europe sur huit est de fabrication chinoise. Les raisons de cet engouement sont connues : outre leur prix serré, ces voitures offrent aussi un équipement souvent pléthorique. Cela dit, ce qu’on sait moins, c’est que ces voitures sont développées dans des temps particulièrement courts. Des délais de deux ans ne sont plus une exception. Or, tout récemment, le patron de Renault, François Provost, alertait sur le fait que ce laps de temps constituait une limite. L’abaisser pourrait dangereusement compromettre la qualité et la sécurité.
Après trois ou quatre ans
Comme on le sait, le bureau d'études américain J.D. Power collecte constamment les données du secteur automobile et notamment sur la fiabilité des voitures, dont les chinoises. Ainsi, sa dernière étude « China Vehicle Dependability Study », la dix septièmes déjà, a compilé les expériences de 11.119 propriétaires de voitures de l’empire du Milieu, le tout portant sur 109 modèles de 34 marques. L’échantillon a été interrogé entre janvier et avril 2026 à travers 81 villes pour des voitures dont l’âge oscillait entre 13 et 48 mois. Résultat : une moyenne de 192 problèmes pour 100 voitures.
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J.D. Power constate toutefois que la fiabilité progresse. L'amélioration se chiffre à 5,3 points et bien qu’elle ne constitue pas une révolution, elle marque cependant un tournant. Car les années précédentes, la qualité s'était en effet dégradée, précisément parce que les marques automobiles chinoises avaient accru leur vitesse de développement tout en réduisant leurs coûts. L'étude révèle aussi que les problèmes surgissent surtout après trois ou quatre ans, ce qui correspond au moment où ces modèles arrivent sur le marché de l'occasion. Celles et ceux qui lorgnent donc sur la seconde main doivent donc redoubler de vigilance.
Mais quel risque courent-ils précisément ? En fait, celles et ceux qui pensent que les problèmes seraient d’origine mécanique font fausse route. L'étude dresse le bilan inverse. Pour la partie mécanique et en lien avec le groupe motopropulseur, la part de défauts a chuté en cinq ans de 9,5 à 6 %. C’est la meilleure progression, toutes catégories confondues et cela prouve surtout que la mécanique ne constitue plus un point faible même pour les constructeurs automobiles chinois qui sont pourtant encore relativement jeunes.
Écrans et aide à la conduite
En revanche, la partie électronique des véhicules est nettement plus délicate. Avec 15,9 % des signalements, le système d’infodivertissement est l’accessoire qui pose le plus de souci. Et ce n’est pas une surprise, car il l’est depuis plusieurs années déjà. Et ça nous indique qu’il n’y a donc pas d’amélioration de ce côté. Suivent ensuite les systèmes d'aide à la conduite ce qui est interpellant, car ces systèmes sont censés assurer la sécurité. Et les marques chinoises en sont très friandes même pour les modèles de base. En quatre ans, cette catégorie d’avaries a doublé, passant de 3,4 à 8,6 %, soit la plus forte hausse de l'étude. Autrement dit : les gadgets avec lesquels les voitures chinoises séduisent les acheteurs européens sont aussi ceux qui posent problème après trois ans.
Dans son étude, J.D. Power indique aussi que le délai de trois ans correspond aussi au moment d’arrivée des bruits en tous genres : cliquetis, craquements ou grincements commencent en effet à apparaître, ce qui constitue un autre point d’attention pour les acheteurs d'une voiture d’occasion. On notera que toutes les marques chinoises ne sont pas logées à la même enseigne. Ainsi, Chery, qui arrive bientôt chez nous et distribue déjà Omoda et Jaecoo est la marque chinoise la plus performante (181 problèmes pour 100 voitures) et elle est suivie de FAW Hongqi et GAC Trumpchi qui atteignent chacune 186/100. La division chinoise de Toyota est d'ailleurs la grande gagnante de l'étude.
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L'écart entre les acteurs chinois et les marques internationales à gros volumes (il n'existe pas de catégorie distincte pour les marques européennes) s'est réduit à une dizaine de points à peine. Un signal encourageant selon JD Power. Cela dit, il faut préciser que l'étude porte uniquement sur le marché chinois et sur des voitures à moteur thermique exclusivement. Elle reste toutefois représentative, car peu de marques chinoises construisent actuellement en Europe avant d'exporter leurs voitures. Comme on le disait : la prudence doit prévaloir, car la détection des premiers problèmes coïncide l’arrivée de la première vague de voitures chinoises sur le marché de la seconde main belge.
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